dimanche 8 janvier 2017

VIRGINIA WOOLF ET PAULE BAILLARGEON

                                                                           Woolf

Par: Adam Mira
Dans le monde des religions monothéistes, l’homme se considère supérieur, il est l’ombre de Dieu sur notre planète, malgré son péché et sa désobéissance au Créateur. De même, que le monde s’identifie à la masculinité, car, selon la bible, au commencement était le verbe et le verbe est masculin.  
Cependant, la femme, la « moitié » de l’homme, reste depuis la nuit des temps opprimée et effacée siècle après siècle. Jusqu’au moment où elle se révolte, elle cherche une place dans ce monde ou l’homme règne en maître incontesté. Elle assure être capable de servir la société où elle vit et réclame ses droits d’être l’égale de l’homme.
Malgré le temps écoulé et les acquis chèrement arrachés, la femme peine à obtenir tous ses droits. Elle lutte pour obtenir la reconnaissance dans le regard de l’autre, elle se bat avec acharnement pour que son destin soit entre ses mains et non selon le bon vouloir de l’homme, le préféré de Dieu, selon les écritures. Quel genre de justice vivons-nous ?
            Dans cette voie, je parlerai de l’histoire de deux dames qui essaient de donner aux femmes le goût de s’affirmer, d’acquérir la liberté et de vivre en paix sans l’appui de l’homme.    
Deux époques, deux femmes, deux féministes, deux âmes rebelles, chacune d’elles décide de son chemin, malgré les embuches et les obstacles qui entravent leurs existences.               
L’une est anglaise, Virginia Woolf, hantée par la guerre et la mort et qui s’intéresse à la littérature depuis son plus jeune âge.                                                                                                                                                 
L’autre est québécoise, Paule Baillargeon, une féministe qui s’attache au septième art et croit qu’à travers l’écran, elle pourrait passer son message, celui d’une dame qui abhorre l’injustice.
L’une prend sa plume pour défendre sa cause, l’autre passe par la caméra, cependant les deux ont le même objectif de défendre les femmes.
            Virginia Woolf dans son essai « Une pièce bien à soi » emploie son talent pour défendre les femmes et insiste à travers plusieurs chapitres sur le fait que les femmes sont capables de servir la société là où elles vivent. Pour parler d’elles, Woolf voyage dans le temps en présentant des exemples pour intensifier la force et la puissance de ses pensées. Chaque lieu, recoin ou place où elle se déplace dans chaque chapitre de cet ouvrage est une occasion pour l’auteure de mettre en avant ses idées concernant les femmes.

           En revanche, Paule Baillargeon exploite l’image dans son film « Trente tableaux » pour raconter son histoire personnelle, faire son autobiographie depuis son enfance jusqu’à son âge avancé et cela à travers des flash-backs, des bandes dessinées et finalement d’un long métrage. L’histoire de cette femme est le récit de certaines dames de son âge, ces dernières qui défendent leur droit tel l’égalité entre les femmes et les hommes dans la société. En partant de ce qui est écrit ci-dessus, nous pouvons formuler notre problématique : l’écriture est-elle une façon tangible et suffisante de défendre les femmes par Woolf ?  Cependant, le septième art est-il assez puissant pour exprimer la souffrance des femmes selon Baillargeon ?
C’est en se basant sur cette thèse que nous nous posons les questions suivantes pour étayer notre pensée : 
-          Quels sont les moyens pour que les femmes puissent être capables de servir leurs sociétés et de devenir des membres actifs et compétents ?
-          Quelle est la relation entre le lieu et la réussite des femmes ?
-          Comment se présentent les deux femmes dans leurs ouvrages, traumatisent-elles leur posture ou au contraire ?
-           Les visions de Woolf et Baillargeon sont-elles distinguées étant donné que les deux femmes vivent dans des temps et lieux différents ?
-          Woolf utilise l’écriture pour défendre sa position vis à vis des femmes. Par contre, Baillargeon exploite le cinéma pour la même raison. Laquelle des deux femmes arrive à bien défendre et à transmettre sa pensée ?
Nous allons effectuer une comparaison entre ces deux femmes créatives en se basant sur leurs ouvrages afin d’expliquer et de mettre en avant leurs pensées vis à vis des femmes.
              Il faut souligner que les références sont nombreuses pour Woolf, par contre à propos de Paule Baillargeon mon travail se base sur une étude académique réalisée en 2013 à l’université de Montréal par Sophie Dubé, par ailleurs, j’ai consulté aussi certaines interviews avec elle parues dans les médias québécois. 

·       Biographie 

           À Londres, le 25 janvier 1882 est née Adeline Virginia Stephen, connue sous le nom de Virginia Woolf. Fille de Leslie Stephen, écrivain, et de Julia Duckworth. C’est la deuxième fille d’une famille riche et cultivée.
          À l’âge de 13 ans, Virginia perd sa mère, sa protectrice, et c’est le début de son chemin vers la dépression. Son père bien qu’il soit cultivé, lettré et érudit, il n’envoie pas ses filles à l’école, il pense que c’est du gaspillage d’argent de les envoyer étudier au collège, mais elles reçoivent tout de même une éducation limitée à la maison.
La petite Virginia voit ses frère partir et retourner de l’école, elle décide alors de lire et de dévorer la bibliothèque de leur demeure. Depuis son bas âge, elle s’intéresse à la littérature. Sa relation particulière avec sa sœur aînée Vanessa devient la clé de son succès dans la vie. Deux sœurs qui s’aiment et qui protègent leur relation jalousement.
         Le père décide de se remarier et amène une nouvelle femme à la maison avec qui il a de nouveaux enfants. Virginia vit parmi sept frères, sœurs, demi-frères et demi-sœurs.                                                                                                                                                               Cependant, la mort ne s’arrête pas là, en 1897, sa demi-sœur Stella décède. Quelques années après, en 1904, son père décède à son tour. Virginia vit péniblement sa deuxième dépression.
Après le décès du père, Virginia s’installe avec sa sœur Vanessa et son frère Adrian dans une nouvelle maison, et là c’est le début d’une nouvelle vie. Mais le destin la rattrape encore une fois, deux ans après la mort de son père, son frère aîné Thoby s’éteint à l’âge de 26 ans.
                Le décès de son père est, malgré le chagrin et la détresse qu’elle a vécus, a été en quelque sorte le début de sa liberté. En effet, Virginia et sa sœur aînée Vanessa (qui s’intéresse à la peinture) font partie d’un groupe qui réunit certains artistes et intellectuels britanniques, nommé Bloomsbury[1]. 
                À l’âge de 22 ans, Virginia se marie avec Leonard Woolf. Dépressive, un an après, elle passe à l’acte et fait sa première tentative de suicide. Son mari l’amène vivre à la campagne. Virginia s’aperçois que l’écriture est son refuge. Et, en 1915, elle publie son premier roman "La Traversée des apparences". Deux ans après, les Woolf fondent dans leur demeure à Hogarth House situé dans le faubourg londonien, leur maison d’édition The Hogarth Press où Virginia publie tous ses ouvrages.
               En 1924, Virginia débute sa relation intime avec Vita Sackville-West[2], une poétesse britannique. Malgré cette relation qui est devenue notoire, son mariage est sauvé in extrémis.       En 1925, elle publie son roman Mrs Dalloway qui a été bien reçu par les critiques et son succès est confirmé. Quatre ans après, elle publie Une chambre à soi, et continue à écrire jusqu’à son suicide le 28 mars 1941. Ce jour fatidique, Virginia s’est rempli les poches de cailloux et s’est jetée dans le fleuve britannique Ouse.
            De l’autre côté de l’océan, dans le nouveau monde, loin de l’Europe et dans une époque différente, une femme nommée Paule Baillargeon[3] nait en 1946 en Abitibi-Témiscamingue au Québec. Issue d’une famille de classe moyenne, elle emménage avec sa famille à Montréal alors qu’elle est enfant. Les années passent rapidement et la jeune fille devient adulte. Elle décide d’étudier le théâtre et s’inscrit en 1966 à l’École nationale de théâtre du Canada. Cependant, c’est l’époque de la Révolution tranquille où le peuple québécois cherche à affirmer son identité et à créer de nouveaux courants politiques. Paule, qui possède une âme rebelle à cause de sa relation tendue avec sa mère, quitte l’École de théâtre et commence son aventure comme artiste, actrice, réalisatrice et cinéaste et finalement en tant que romancière. Elle vient d’ailleurs de publier, en cette année 2016, son premier roman « Sous le lit. »

·       Deux époques 

                      En 1901, la dame qui a marqué le siècle précédent, la reine Victoria, s’éteint.
Bien que l’ère victorienne reste dominante en Angleterre jusqu’au début de la Première Guerre mondiale[4], le pays vit dans une situation précaire. Entre la crise économique, la montée de la classe moyenne, la pression exercée sur les femmes…C’est dans cette atmosphère bouillonnante que la littérature est en marche aussi vers une métamorphose.  En effet, James Joyce, un Irlandais catholique, Samuel Bulter, un Britannique protestant, sont deux écrivains talentueux qui décident de se débarrasser des tabous qui étouffent la littérature britannique. Par ailleurs, les femmes cherchent activement et avec acharnement leur place dans la société. Et, c’est grâce à leur soutien à l’état pendant la crise et la guerre qu’elles obtiennent en 1918 le droit de vote. 
                 Woolf qui a publié son premier roman un an après la guerre, continue dans cette voie littéraire avec sa sœur Vanessa. Et, le salon de leur demeure devient un lieu de rencontre pour le groupe Bloomsbury où les discussions restent animées jusqu’à l’aube. Cette époque est une période enrichissante pour Woolf, l’occasion pour elle de s’instruire en écoutant des hommes cultivés parlant de la psychologie, de l’art et de la littérature[5]. Certains parfois étaient des sceptiques et d’autres même des athées… Alors Woolf fonde avec son mari la maison d’édition The Hogarth Press et elle devient au fur et à mesure une écrivaine incontournable au cours de la période d’entre les deux guerres.  En effet, elle écrit des romans, des essais et des critiques, c’est une époque de révolution à tous les niveaux et c’est aussi l’entrée de nouveaux aspects à la littérature et à l’art aussi, sans négliger le cinéma, le septième art. 
Cependant, la Deuxième Guerre est déclenchée et son mari, juif de confession, est recherché par les nazis. Malencontreusement, c’est en ces temps de tourmente que Virginia décide de mettre fin à sa vie avant la fin de la guerre.                                                                                                                         
               Au Québec, une histoire différente bien qu’elle soit dans la même voie. La belle province essaie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale d’affirmer son identité, dont les femmes qui luttent avec acharnement pour avoir leurs droits et leur place dans la société québécoise, elles ont alors obtenu le droit de vote en 1940, après toutes les provinces canadiennes[6].                                                                                                                        
                Le changement radical début en 1960, après la mort du premier ministre conservateur du Québec Maurice Duplessis décédé en 1959. Ce dernier avait ralenti la réforme instaurée après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’arrivée des néo-libéraux et des néo-nationalistes sur la scène politique a déclenché un progrès considérable dans le pays. C’est le commencement des réformes : politiques, institutionnelles et sociales réalisées entre 1960 et 1966[7]. Avec ces réformes, la révolution féministe commence au milieu des années soixante, c’est l’année où Paule est entrée aux études[8]. Femme rebelle qui a une mauvaise relation avec sa mère[9], elle entreprend sa vie de militante féministe, elle veut avoir sa place dans une société qui a été dominée pendant longtemps par l’Église catholique et le Dieu vengeur.

           La Révolution tranquille prend un virage violent avec l’émergence d’un mouvement extrémiste : Le Front de libération du Québec qui veut un État indépendant et sème la terreur lors de sa première opération militaire dans la nuit du 7 au 8 mars 1963 en visant trois casernes de l’Armée canadienne[10]. Les bombes continuent à frapper ici et là jusqu’à la Crise d’octobre de 1970 où l’Armée canadienne intervient et arrête des dizaines des gens impliqués dans cette affaire de violence et met fin au mouvement révolutionnaire. Après quoi, les Québécois gagnent leur cause pacifiquement et accèdent au pouvoir. 

·       La littérature et le cinéma 

               Au début, il y a la parole, le mot, et depuis le début de XXème siècle, on ajoute l’image en mouvement qui incarne les personnages littéraires et essaie à travers des acteurs et actrices de donner vie aux mots qui étaient coincés entre la première et la deuxième de couvertures.
Depuis sa première apparition, le cinéma joue un rôle important dans la société mondiale, il fait concurrence à la littérature et son influence augmente au fur et à mesure au point de devenir le septième art.
             Virginia possède une plume incontournable et elle écrit des critiques de tout genre. Elle a d’ailleurs saisi rapidement l’importance du cinéma, elle a écrit, en 1926, une critique dans une revue américaine : « Il est clair que le cinéma a recours à une infinité de symboles pour représenter des émotions impossibles à exprimer autrement. [11]». Même si la littérature raconte l’histoire de l’humanité à travers les épopées, les mythes, les contes de fées et les fables…, nonobstant, le cinéma est venu pour devenir une production universelle qui change le monde à travers un grand écran et attire toutes les générations sans distinction.
     En 1993, Paule Baillargeon réalise son film intitulé « Le sexe des étoiles » une adaptation du roman de Monique Proulx, un long métrage qui a gagné plusieurs prix grâce au sujet controversé de cette époque. Cependant, c’est le mariage entre la plume et l’image qui nous intéresse.
C’est bien son âme rebelle qui guide Paula à réaliser ce film et à transformer un texte littéraire en image et en mouvement.
           En revanche, Woolf n’a pas eu la chance de regarder un de ses chef-d’œuvres sur le grand écran, malgré son instinct et son attrait vis à avis du septième art.

·       Une pièce bien à soi

               À partir de son ouvrage « Une pièce bien à soi » paru en 1929 et traduit en français en 1956, Virginia Woolf envisage de dévoiler sa pensée féministe à travers son écriture.      
 Selon l’introduction de cette œuvre, l’auteure a reçu une invitation le mois d’octobre 1928 de la part de l’Université de Cambridge afin de donner une conférence intitulée : « Les femmes et la fiction »[12] où elle met en avant les liens tissés par les femmes avec la littérature et qui sont distincts de ceux des hommes. 
             Dans cette même voie, Woolf se lance et rédige « A Room of One’s Own » qui est traduit en français avec plusieurs titres : Une chambre à soi, Une pièce bien à soi et une pièce à soi. Cependant, le contenu de cet ouvrage aux différents titres est le même, et pour ce travail j’utilise l’ouvrage intitulé : « Une pièce bien à soi ». Celui-ci est subdivisé en six chapitres. Dans chacun d’entre eux, Woolf excelle dans son style afin de défendre les femmes et d’expliquer soigneusement les moyens à mettre en œuvre pour qu’elles soient capables de participer activement à la littérature et à faire partie prenante de l’histoire de l’humanité.
              Depuis le titre, nous distinguions que l’auteure veut passer un message clair et percutant que les femmes manquent d’espaces et de moyens afin d’être capables de produire leurs œuvres et d’accomplir leurs rêves. Selon elle, elles ont besoin d’un lieu intime dans lequel chaque créatrice sera habile de faire ce qu’elle voudra sans empêchement et sans obstacle.
Dès le titre, nous comprenons qu’il y un sens dissimulé derrière ces quelques mots, une invitation à la révolte pour que les femmes arrachent leurs droits de la société qui les méprisent. C’est l’âme rebelle de l’auteure qui se cache derrière cette plume de plomb qui veut émanciper l’être féminin. 
            Cependant, à quoi ça sert d’avoir un lieu intime sans avoir les moyens de survivre ?  Cinq cent livres sont suffisants pour qu’une femme puisse débuter sa vie. Dans plusieurs passages, l’auteure insiste sur cette somme d’argent. Selon elle, cela est, tout autant, la clé de l’émancipation.
En voyageant à travers le temps, Woolf crée un personnage pour soutenir son idée de l’habilité des femmes à inventer.
« Imaginons, puisqu’il est si difficile d’avoir accès aux faits, ce qui se serait produit si Shakespeare avait eu une sœur merveilleusement douée appelée, disons, Judith. La mère de Shakespeare ayant hérité, il a dû aller au lycée et y apprendre le latin-Ovide, Virgile et Horace- ainsi que des rudiments de grammaire et de logique. C’était nul ne l’ignorance, un garçon indompté qui braconnait des lapins, avait peut-être tué une biche d’un coup de fusil et dû, un peu trop tôt, épouser une femme du coin qui lui donna un enfant également un peu trop tôt. Cette fredaine l’envoya tenter sa chance à Londres. S’il avait semblait-il un goût pour le théâtre, il commença par tenir les chevaux à l’entrée des artistes. Très vite, il obtint du travail au théâtre, devint un acteur à succès et vécut au centre de l’univers, rencontrant tout le monde, exerçant son art sur les planches et son esprit dans la rue, et il se fraya mène un chemin jusqu’au palais de la reine. Pendant ce temps, j’imagine que sa sœur extrêmement douée était restée au foyer familial. Elle était aussi aventurière, aussi pleine d’imagination et avide de découvrir le monde que lui. Mais elle ne fut pas envoyée à l’école. Elle n’eut pas l’occasion d’apprendre la grammaire ou la logique, encore moins de lire Horace et Virgile. De temps à autre elle prenait un livre, peut-être parmi ceux de son frère, et en lisait quelques pages. Mais alors ses parents pénétraient dans la pièce et lui demandaient de repriser les bas ou de surveiller le ragoût au lieu de rêvasser sur des livres et des journaux. Leur ton aurait été sec mais aimable, car c’étaient des gens riches qui connaissaient les conditions de vie de la femme et aimaient leur fille- il y a même fort à parier qu’elle était la prunelle des yeux de son père. [13]»
                Ce passage sans grande imagination raconte l’histoire de Virginia Woolf, celle-ci utilise son histoire afin d’unifier les courtes phrases avec un pinceau humide pour que le passage sèche en un seul bloc. Ce passage présente aussi l’amertume de l’auteure et la tristesse profonde qui incarnait son âme depuis toujours d’avoir été privée de l’école et d’avoir été négligée par sa famille. Elle est prisonnière de son orgueil qui l’a amenée à devenir une personne tragique qui complique les choses.
Elle insiste aussi sur le point que Judith fait partie d’une famille riche, elle est intelligente et possède les moyens pour réaliser son rêve et aussi curieuse que son frère, mais ces parents ne voient que leur fils. Woolf est tellement habile qu’elle utilise des phrases courtes, distinctes et complètes. La ponctuation simple sans exceptions. Elle utilise le récit à la troisième personne et veut formuler sa pensée dès le début de façon claire et directe. Il n’y a pas de points de suspension, mais au contraire une série de phrases enchainées. 
Il y a des subordonnées, des phrases complètes qui contiennent le prédicat, les déterminants et le complément. La ponctuation de ce passage constituée de phrases courtes montre la volonté de l’auteure de parler directement et de passer son message sans tergiverser.
Elle utilise aussi des phrases actives au passé pour évoquer certains souvenirs, comme ceux où elle raconte sa propre histoire à la place de Judith la sœur de Shakespeare. Ce passage ne contient ni parataxe, ni ellipse et ni verbe de locution, ce genre d’écriture est la forme, en général, utilisée dans cet ouvrage.
               L’histoire de Judith est le récit de toutes les femmes qui souffrent de l’injustice malgré leurs ambitions et leur intelligence. Cette fiction montre que les femmes pourront être créatrices si elles ont les moyens nécessaires à leur épanouissement. 
Dans le reste de ce récit, la fin est tragique, car Judith fuit la maison pour réaliser son rêve, mais elle échoue, car personne ne croit en son talent, et « Quant à moi, …….., il est impensable qu’une femme à l’époque de Shakespeare ait possédé un tel génie. Car ce génie n’éclot pas au sein d’une population laborieuse, sans éducation et servile. [14]» Une fois de plus, Woolf insiste sur la mentalité fermée de cette époque qui lie l’intelligence avec le sexe et la classe de la société où les paysans n’ont pas étudié ou ne sont allés à l’école.
               L’écriture de Woolf est un cri qui provient du plus profond de son âme meurtrie. Virginie a essayé par sa plume d’aider les femmes à s’émanciper et à les sortir de leur situation misérable et inhumaine. Elle a alors crié, voire hurlé à travers ses écrits, mais sans vivre assez longtemps pour voir à quel point les femmes ont depuis fait du chemin sur la route de la liberté.

·         Trente tableaux       

             Au début du XXIème siècle, les femmes vivent une situation relativement meilleure que celle du siècle précédent, mais elles sont encore bien en deçà des ambitions féminines et le chemin de l’émancipation est encore loin. Cependant, les enjeux sont différents maintenant, la nouvelle génération de féministes essaie d’aller de l’avant en suivant le chemin tracé par les générations précédentes.
            En suivant cette voie, je parlerai du dernier film de Paule Baillargeon intitulé « Trente Tableaux ».
            Entre 2009 et 2011, Paule reçoit de l'Office nationale du film du Canada l’ONF une offre pour réaliser un film sur sa vie. C’est pour elle une formidable occasion de s’exprimer et de réaliser une œuvre pleine de souvenir, mais à travers laquelle, elle a guéri de ses plaies, de ses angoisses et de ses moments douloureux avec sa mère qui ne l’aimait pas : « C’est vrai, concède Paule, ma mère ne m’aimait pas. C’était une femme très révoltée dont la révolte a déteint sur moi, c’est sûr, mais je ne peux pas tout lui mettre sur le dos.[15] »
               L’amour des parents est à la base de l’équilibre émotionnel d’un enfant. Et, si cet amour inconditionnel est prodigué pendant l’enfance, l’enfant sera outillé dans sa vie future. Mais, dans le cas contraire, Il aura besoin d’un effort indescriptible pour réussir, et c’est cette force de Paule qui l’a finalement aidée à se réconcilier avec sa mère. Depuis le titre du film, nous remarquons qu’il porte un sens dissimulé. En effet, c’est l’histoire de la vie de la réalisatrice qui est encadrée dans les trente tableaux. Nous voyageons avec elle d’une scène à l’autre, avec ses bandes dessinées, des dessins de son enfance, des scènes montées par des acteurs afin d’expliquer une période de sa vie. C’est un voyage dans le temps, un récit qui ressemble à certaines femmes de son âge. 

·       La Nonne

               La première scène du film montre une nonne portant ses vêtements religieux qui retire son voile, nous voyons ses cheveux courts et noirs, puis elle ôte aussitôt la croix et la jette. Cette scène bien encadrée par un visage proche de la caméra, nous apercevons des yeux noirs, grands, pleins d’émotions, un visage sombre sans sourire. Derrière la sœur, nous voyions contre le mur une grande croix et des tableaux, ce passage déclenche le moment de la révolte féminine contre l’Église catholique qui a dominé le Québec jusqu’au l’aube de la Révolution tranquille. C’est le premier pas d’une révolte contre la religion, l’injustice et la domination.         

·        Voix off

               Jusqu’en 1927-1928[16], le cinéma reste muet, il y a eu des tentatives afin d’accorder ou d’ajouter du son à l’image en mouvement, mais la réussite n’est arrivée qu’entre les deux guerres. Cependant, c’est très rare de trouver une voix off d’une femme dans un film ou dans un commentaire, mais Paule choisit de le faire, et elle a bien réussi à l’intégrer à travers son récit qui raconte l’histoire d’une femme qui a vécu plusieurs rôles dans sa vie : femme, mère, féministe, actrice et réalisatrice. L’utilisation du « Je » dans le long métrage, c’est pour montrer qu’elle est le porte-parole de toute femme de son âge.

·       La connaissance

               Le premier mot prononcé par la narratrice est : j’écris ! Ce mot est suffisant pour dire que les femmes ont le droit d’apprendre. Bien que l’apprentissage ait besoin d’un long processus afin d’en maîtriser certaines connaissances.  Cependant, ce mot explique rapidement la nouvelle situation des femmes du XXème siècle pendant lequel elles ont eu le droit de fréquenter l’école, puis l’université sans prêter garde à leur statue dans la société. C’est une victoire incontournable pour le mouvement féministe.

·       Flash-Back

               Nous voyageons avec la narratrice à travers sa voix dans le temps, de l’âge de 30 ans, à 60 ans et à 10 ans etc. chaque tableau représente un âge différent. Chaque scène, la narratrice nous surprend par son talent créatif, une scène en couleur, l’autre en noir et blanc, d’autres en bandes dessinées. Et, chacune raconte une histoire, son histoire, l’histoire de sa génération.    

·       Le film de ma vie

               « J’ai 59 ans, aujourd’hui je décide d’écrire tout ce que je sais sur ma mère, ma mère ne m’aimait pas, ma mère n’aimait personne, ma mère était belle, ma mère était jalouse, ……, ma mère m’admirait, ma mère aurait voulu être moi. » ce passage très intime de la vie de la réalisatrice montre à quel point elle a souffert à cause de sa mère, mais dans une interview Paule dit : « Ma mère et moi, on s’est beaucoup chicanées. Elle ne comprenait pas qui j’étais. Mais à la fin de sa vie, on s’est réconciliées et ça m’a permis de faire la paix avec elle et avec moi-même.[17] » La scène de Paule avec sa mère est avant la dernière dans son long métrage, elle se réconcilie avec sa mère et avec elle-même, et elle finit son film en l’Abitibi, la ville où elle est née, pour nous dire qu’elle retourne à la source.
                Le film « Trente Tableaux » est composé de plusieurs techniques d’art : une lecture, une projection et une exposition encadrent dans chaque tableau une période de la vie de la réalisatrice, son histoire qui nous amène à vivre à travers son parcours la période de sa génération. Le scénario est bien construit à travers des flash-backs et ce genre de construction a pour avantage d’obliger le spectateur à le suivre jusqu’à la fin. Seule Paule connait la prochaine scène, le spectateur suit les yeux rivés sur l’écran, il n’a aucune idée de quelle époque elle va parler. La voix off nous guide, nous explique avec une voix tendre et un accent particulier du Québec, bien que l’histoire de cette femme soit l’histoire de beaucoup d’autres dans le monde.   « J’ai découvert que je ne suis pas folle ou alors, il y a beaucoup de folles comme moi. Des femmes racontent leur vie. Leur humiliation, leur invisibilité, leur souffrance inouïe à regarder la vie qui passe sans elles. Les femmes font la révolution et je veux l’attraper pendant qu’elle passe. Je sais qu’elle ne durera pas. C’est trop gros pour durer. L’histoire est en marche, il faut la raconter. » (Trente Tableaux)

·       Conclusion

               Woolf est partie dans l’au-delà en laissant derrière elle des œuvres littéraires remarquables qui font l’éloge des femmes et les encouragent à lutter pour prendre la place qui leur est due dans ce monde. Quant à Baillargeon, elle réalise des films et écrit des romans pour raconter l’histoire de femmes à travers le cinéma. Chacune de ces deux femmes remarquables a choisi sa voie pour aider les femmes à s’exprimer et à s’émanciper et à lutter contre l’injustice.
 Je finirais avec une phrase de Paule Baillargeon : « Le cinéma, c’est l’art de l’impossible. Pourquoi j’ai voulu m’aventurer dans cet art difficile, qui coûte très cher, où on ne m’a pas souvent fait confiance, je ne le sais pas. Sans doute parce que j’avais beaucoup d’ambition et aussi parce que j’ai toujours été une fille d’images.[18]»
Réaliser un rêve est tout ce que nous avons pour continuer à vivre.                                             A.M

Biographie 

[1] Monique Nathan, Virginia Woolf par elle-même, Édition du Seuil, France, Paris 1963. Page : 9.
[2] Virginia Woolf, Lectures intime, ÉDITIONS Robert Laffront, France, Paris, 2013. Page 1.
[3] Sophie Dubé, Paule Baillargeon : cinéaste et féministe : parcours d'émancipation et de subjectivation d'une femme en robe rouge, Thèse. Études cinématographiques (Maîtrise), Université de Montréal, 2013.
[4]  Monique Nathan, Virginia Woolf par elle-même, Édition du Seuil, France, Paris 1963. Page : 10.
[5] Ibid. p14
[7] Liteau, Durocher, Robert, Ricard, Histoire du Québec contemporaine depuis1930, Tome II, Édition Boréal, Québec, Montréal. 1989, page421.
[8] Denyse Baillargeon, Brève histoire des femmes au Québec, Édition Boréal, Québec, Montréal.2012, P181.
[10] Louis Fournier, F.L.Q Histoire d’un mouvement clandestin, Édition Québec/Amérique, 1982, p13.
[11] Virginia Woolf, Le cinéma et autres essais, Les Éditions de Paris, France, Paris, 2012, page 16.
[12] Virginia Woolf, Une pièce bien à soi, Éditions Payot & rivage, France, Paris, 2012, page 7.
[13] Ibid. p87-88.
[14] Ibid.p90
[16] Victor Bachy, Pour lire le cinéma et les nouvelles images, Les Éditions du Cerf, France, Paris, 1987. P123.
[18] Ibid.

mercredi 4 janvier 2017

AVIS DE DÉCÈS



Cher ami(E)s,


J'ai la profonde douleur de vous annoncer le décès  de notre cher ami le très connu *Mr. 2016.*

Il laisse 12 épouses , 52 fils et 366 petits-fils.
 Inhumation samedi 31 décembre à 23h59.
Pour plus d'infos:
contacter le pasteur janvier  au N°: *01 01 2017*


 La famille m'a chargé de vous informer qu'il est mort avec tous vos problèmes.
Son successeur *Mr. 2017* s'engage à vous assurer:
- longue vie;
- bonne santé;
- bénédictions abondantes;
- paix;
- joie;
- prospérité;
- droiture;
- promotion;

                         Très bonne année

mercredi 7 décembre 2016

Les rêveries du promeneur solitaire !

        

        Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. La plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m’attachaient à eux. J’aurais aimé les hommes en dépit d’eux-mêmes. Ils n’ont pu qu’en cessant de l’être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu’ils l’ont voulu. Mais moi, détaché d’eux et de tout, que suis-je moi-même ? voilà ce qui me reste à chercher malheureusement cette recherche doit être précédée d’un coup d’œil sur ma position. C’est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe pour arriver d’eux à moi.    
                      Un passage du livre :Les rêveries du promeneur solitaire de Rousseau.


Par: Adam Mira

J’ai choisi d’analyser le premier paragraphe situé dans la première promenade d’ouvrage posthume de Jean Jacques Rousseau, un homme du siècle des Lumières, parce qu’il montre, selon moi, la situation psychologique, morale et sa posture précaire afin de délivrer sa dernière confession deux ans avant son décédé.
L’ouvrage « Les rêveries du promeneur solitaire » de J.J Rousseau, contient dix promenades, il a été écrit entre 1776 et 1778 et dans différentes places françaises comme Paris et Ermonville.  Le livre ne voit pas la lumière en complet qu’en 1789 à Genève en Suisse, onze ans après la mort de l’auteur. Ce produit reste énigmatique, car l’auteur est mort avant de l’achever !      
Depuis le titre, nous pouvons comprendre que l’auteur veut passer un message personnel, soit comme une personne mélancolique et accablée par les complots vécus contre lui aux dernières années, soit comme un homme brisé qui veut montrer sa tristesse par une solitude physique qui a influencé sa morale et son état psychologique ou soit comme un personnage serein, un homme qui a enfin retrouvé la paix et qui est en train de se préparer afin de partir et de quitter ce monde en toute sérénité après avoir échoué de se réconcilier avec ses frères ennemis. Il a finalement lâché choir et il a accepté son destin comme une intervention céleste.
Dans l’état psychologique de Rousseau, il est une personne émotive, non active, c'est-à-dire un être sensible qui ses émotions se traduisent en série de réflexion, pas par des actes. Le titre résume aussi la vie de J.J Rousseau, un homme qui aime se promener seul dans la nature qui lui donne l’inspiration pour écrire, depuis sa fuite de Genève à l’âge de 16 ans, il préfère de marcher seul à la place de chevaucher, même le déterminent indéfini contracté du est pour insister sur le caractère unique du promeneur solitaire qui est l’auteur par excellent.  Néanmoins, la question posée : le promeneur a-t-il choisi d’être solitaire par sagesse ou par orgueil ?  En plus, nous devons distinguer entre rêve qui est un phénomène psychique se produisant pendant le sommeil, et la rêverie qui est la construction de l’imagination à l’état de veille et la pensée qui cherche à échapper aux contraintes du réel, celle-ci qui reflète la situation de l’auteur.  
L’auteur ouvre son ouvrage avec Me voici donc et donc ici exprime l’aboutissement de longue angoisse et il se répète dans la deuxième promenade. Rousseau utilise dans ce monologue en prose le présent énoncé à la première personne, il veut formuler sa parole dès le début en forme clair et directe. Les phrases dans ce passage sont courtes, complètes et distinctes, il n’y a pas de points de suspensions, mais au contraire une série de phrase enchaînée.  
Il y a de la subordonnée, des phrases complètes qui contiennent le prédicat, les déterminants et le complément.
La ponctuation de ce passage constituée de phrase courte qui montre la volonté de l’auteur de parler directement et de passer son message sans mettre le soupçon à propos de ces dits. Il écrit aussi des phrases actives au passé composé pour évoquer certains souvenirs comme ceux qui concernent ces adversaires : ils ont brisé violemment tous les liens qui m’attachaient à eux, pour finalement annoncer qu’il est détaché d’eux afin de vivre en paix : Mais moi, détaché d’eux et de tout. Cet adverbe Tout qui explique que l’auteur a pris sa décision de tourner la page définitivement et sûrement sur ses querelles avec ses ennemis, avec ces connaissances et avec la société aussi afin de se concentrer sur lui-même et sur ses idées et pensées. Ce passage ne contient ni parataxe, ni ellipse et ni verbe de locution, ce genre d’écriture est la forme, en général, utilisée dans cet ouvrage.   
L’auteur se plaigne d’être seul, malgré la présence à côté de lui sa compagne de longue date Thérèse Levasseur qui est une illettrée et servante d’auberge. Son isolement commençait depuis quinze ans à cause de multiples facteurs : pauvreté, moral, conflits et complots. Et il numérote avec des phrases juxtaposées qu’il est seul sans aucun soutien de la part de personne et d’abandonner par la société : n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. Cette phrase exprime l’amertume de l’auteur et la tristesse profonde qui vivait depuis plus d’une décennie, cependant Rousseau est une personne tragique à cause de son orgueil qui complique les choses, car il essaie de trouver des justifications à ses actes, comme son abandon à ses cinq enfants, tout est justifiable à ce qui concerne. L’auteur est orgueil malgré sa pauvreté, il possède une plume tranchante et un esprit rebelle, mais il fuit lorsque la police qu’elle le recherche à cause de ces publications, un personnage paradoxe qui complique sa vie, toutefois, après avoir analysé sa posture, cette recherche doit être précédée d’un coup d’œil sur ma position, il a finalement décidé de laisser choir et d’arrêter de faire des ennemis, il faut nécessairement que je passe pour arriver d’eux à moi.
Rousseau mort subitement à Ermonville avant d’achever la dixième promenade, ce chef-d’œuvre reste pour certains comme un appendice aux Confessions, il a bien réussi de transformer ses rêveries par des idées lumineuses qui restent jusqu'à nos jours.                                                                   A.M

dimanche 27 novembre 2016

L’histoire de l’amour


Par: Adam Mira

Un Destin :
Tous les sentiments se réunissent
Ils passent beaucoup de temps ensemble dans un endroit inconnu
Ils s’ennuient
L’envie leur propose de jouer à cache-cache
Ils acceptent sans hésitation
La colère commence à compter
Chacun cherche une place où se cacher
Le mensonge se cache au fond de la rivière
La beauté se cache derrière un rayon du soleil
La haine se dissimule sous les feuilles mortes  
La cécité  se réfugie derrière un arbre
L’amour se glisse  dans une fleur rouge
La tendresse survole la lune
Tous les sentiments trouvent une cachette
La colère finit de compter jusqu’à cent
Elle commence à chercher tous les sentiments
Elle les trouve l’un après l’autre
Sauf l’amour ayant une belle cachette
La haine murmure et dénonce l’amour à la colère
La colère prend une branche de chardon et commence à frapper la fleur rouge
L’amour sort de sa cachette après avoir perdu ses yeux
La cécité prend la main de l’amour et tous les deux quittent la place sans rien dire.


Une demande:
L’amour demande aux Cieux de rester éternel
Ils acceptent de réaliser son vœu
L’amour part, très heureux, en oubliant de demander de lui rendre la vue!



La sentence:
Une grave bagarre éclate chaque jour entre la jalousie et la folie
Leurs voisins les attaquent en justice
La juge prononce sa sentence
La jalousie doit accompagner la folie éternellement!
L’amour apparaît dans la salle de la Cour
La juge ajoute : la jalousie, la folie et la cécité  seront les confrères de l’amour.


Discussion:
Lui : « Je t’aime »
Elle : « M’aimes-tu »?
Lui : « Oui, je t’aime!
Je t’aime depuis le jour où nous étions à côté de la lune, pas très loin du soleil! Cette nuit-là, je t’a vue!
J’ai vu ton sourire, la lumière dans tes yeux, l’avenir se dessiner sur ton front 
Te souviens-tu de moi? » 
…!
Lui : Dis-moi un seul mot? Oui ou non?
…!
Elle sourit puis elle rit
Elle dit : « Je suis désolée, car je suis aveugle!»
Lui : Il rit aussi en disant : « Bien que tu sois aveugle, je te vois avec les yeux de mon cœur. Le vrai aveugle est celui qui n’a pas de cœur! »


L’échelle des émotions:
Elle : « M’aimes-tu? »
Lui : « Non! »
Elle se met à pleurer, elle commence, à crier
Lui: « L’amour est le quatrième sentiment sur l’échelle des émotions
Le premier  est l’écoute
Le deuxième est l’admiration
Le troisième est l’amitié
Le quatrième est l’amour
Le cinquième est l’adoration
Le sixième est la sublimation
Et, le septième est la folie
Je ne t’aime pas
Je suis fou de toi!»


Des lettres :
Un mot demande à un autre
Sais-tu qui je suis?
…!
J’ai cinq lettres
Le A : signifie aime les autres
Le M : signifie maintenir la paix sur terre et dans le ciel
Le O : oublie la haine et la rancune
Le U : c’est l’union entre deux âmes
Le R : c’est la relation avec l’éternité
Je suis l’amour.
L’autre mot réplique : « Sais-tu qui je suis? »
…!
Le A : signifie abandonne le sombre
Le V : veut dire vivre le moment présent
Le E: ébranler le cœur par l’amour
Le U : c’est être unique sur cette terre
Le G : c’est la gloire contre la haine
Le L : signifie la lune qui illumine le chemin des amoureux
Le E : c’est être patient 
Je suis l’aveugle

La question : Est-ce que l’amour est aveugle? 

jeudi 24 novembre 2016

Nous et les autres


Adam Mira                 

Internet joue un rôle important dans notre vie, ce phénomène qui a été créé aux dernières décennies contient des éléments positifs et négatifs, influence notre mode de vie, et aucun entre nous ne peut résister à ne pas l’utiliser.  
Internet pourrait-il orienter certaines personnes vers la violence ou le contraire ? si certaines personnes adoptent la violence à cause de nombreux sites web qui prêchent la haine, ce sont les personnes qui ont absorbé la culture de l’intolérance.
D’une part, grâce à la nouvelle technologie, nous avons la chance de trouver toutes les informations dont nous avons besoin. C’est une option capitale pour les chercheurs et les étudiants. En outre, en un seul clic, nous pouvons par exemple réserver une place pour un concert, acheter un billet d’avion, chercher un ami d’enfance. En effet, la vie est tellement devenue facile grâce à cette technologie que nous ne pouvons guère vivre sans elle. 
D’autre part, des nombreux mouvements extrémistes utilisent Internet pour prêcher leurs valeurs tels que le racisme et l’intolérance afin de cultiver la haine et de recruter des gens qui commettent des actes terroristes et criminels contre leurs propres pays et leurs peuples. Ces gens-là, qui sont tombés dans le piège, ont perdu aussi leur vie pour une cause qui est, en tous les cas, contre les valeurs de leur société comme, actuellement, des courants radicaux utilisant Internet et les réseaux-sociaux pour pousser l’opinion publique à s’opposer à l’accueil des réfugiés, ces derniers qui ont fui leurs patries à cause de la guerre.
  Les mouvements chauvins profitent de la présence de certains terroristes arrêtés parmi les immigrants afin de passer leurs messages, et de provoquer les médias pour soutenir que l’arrivée des migrants en sol occidental est dangereuse, et faire pression sur les gouvernements en question pour qu’ils s’arrêtent de recevoir des réfugiés.
En somme, il est nécessaire d’admettre qu’Internet est une arme puissante qui est difficile à maîtriser et qui est impossible d’interdire. Donc, il reste un jeu et un sujet épineux qui a, à mon avis, besoin de déclencher une discussion internationale afin de diminuer son effet sur les nouvelles générations et sur notre vie en général, et nous ne pouvons point négliger que ce phénomène franchit toutes les frontières sans visa et sans passeport.                                                                                      A.M