jeudi 27 avril 2017

Les textes immortels: Kafka,Mary Shelley, Hofmannsthal et Borges

1.  Introduction :


Par: Adam MIRA
Depuis le XVIIe siècle, une nouvelle vision sur les textes littéraires commence avec une pensée que tous les textes sont des écrits simples et il n’y pas un texte sacré, car tous les textes sont les mêmes, c’est le début de l’émergence des textes laïcs. Quoique, chaque époque puisse interpréter les textes littéraires selon les perspectifs de cette période,
Spinoza  étant derrière cette vision qui a choqué sa communauté, il a en réalité fait une révolution dans la pensée des écrivains, car cette optique a enlevé l’idée qu’il y a quelqu’un derrière chaque chose, c’est-à-dire Dieu qui est derrière tout ce qui se passe dans le monde !  
Avec l’évolution de cette vue à travers des siècles,  certains écrivains passent leurs pensées à travers des allégories, d’autres à travers des métaphores, etc., afin de passer leurs messages. Cependant, pour bien outrepasser leurs idées, ils préparent leurs lecteurs à travers une mise en scène qui véhicule leurs pensées dans leurs écrits.

Le texte littéraire nous parle à travers des allégories, des idées implicites et des métaphores, il désacralise le texte sacré afin de mettre tous les textes dans un seul panier signifiant que les textes sont simples et l’idée littéraire est une simple mise en scène de pensée.

J’ai choisi de défendre cette problématique à travers les écrits de quatre écrivains : Kafka, Berges, Mary Shelley et Hofmannsthal dont Kafka et Berges sont spinozistes, c'est-à-dire qu’ils sont influencés par la pensée de Spinoza, en conséquent, je vais amener mes recherches sur eux pour bien expliquer leurs visions littéraires et leurs styles sublimes afin de montrer leurs pensées. Chacun entre eux se base sur une idée qu’il n’y a pas un texte sacré, autrement dit que les textes nous parlent de notre époque et leurs textes restent finalement immortels.

2.  Définitions :


 Il y a une nuance entre immortel et éternel, et la littérature est immortelle sans lui mettre un sens de sainteté ou divinité. 
L’encyclopédie et dictionnaires Larousse définit la mise en scène comme ensemble des dispositions visant à régler le jeu des acteurs au théâtre ou au cinéma. Ces dispositions vont du décor, aux mouvements des acteurs et, pour le cinéma, à ceux de la caméra. En effet, « la mise en scène n’est pas une activité purement technique de coordination de divers éléments matériels qui concourent à la représentation, mais qu’elle comporte une partie immatérielle[1]. » Dans ce sens, tardivement, nous lisons dans la même ressource que « la mise en scène joue un rôle afin d’éclairer la signification du texte et d’influencer la compréhension de l’œuvre[2]. »  À la suite de cette définition, le texte littéraire est une mise en scène de la pensée où l’auteur prépare le terrain afin d’exposer son idée, autrement dit, l’écrivain véhicule le lecteur à travers des passages; disant mise en scène pour passer sa pensée et amener le liseur à son champ vaincu sans arme. Bien que « la pensée, selon, l’encyclopédie et dictionnaires Larousse, soit une activité psychique, consciente dans son ensemble, qui recouvre les processus par lesquels sont élaborés, en réponse aux perceptions venues des sens, des images, des sensations, des concepts que l'être humain associe pour apprendre, créer et agir.» 
Cette définition convient adéquatement à mes recherches se basant sur ma problématique.

3.  Mary Shelley l’image de l’être humain :



Mary Shelley dans son Roman Frankenstein considère l’être humain en tant que créateur, c’est un dieu sur terre et exécute certain devoir dont la création. Le personnage principal du roman en question crée un être qu’il n’est pas à son image. L’idée principale se cache derrière cette allégorie que Dieu est une figure comme les autres et la divinité a disparu dans un texte choquant les critiques et les lecteurs depuis sa sortie au XIXe siècle. Ce dernier qui donne un énorme souffle de liberté à la littérature et au roman en particulier en tant qu’une production d’écriture afin que les écrivains mettent leurs pensées en exécution sans craindre d’être jugé par les clercs. 
Le moment fatidique de ce texte est l’instant où Frankenstein annonce au lecteur son adoration à la science afin de faire ce qu’il a envie de le faire :
« Depuis ce jour, les sciences physiques, et en particulier la chimie, au sens le plus compréhensif du terme, devinrent presque ma seul étude[3].» Et il continue : « Je lisais avec ardeur les ouvrages si pleins de génie et de jugement, que les chercheurs modernes ont écrits sur ce sujet.[4]»  Et il ajoute : « Je suivis les conférences et je cultivais la connaissance des savants de l’université [5]…»

Il continue sa mise en scène afin d’expliquer sa passion à la science et à quel point il a sacrifié du temps afin de réaliser sa recherche, il ne dort point, les nuits sont liées avec ses journées :
« …. Les étoiles s’effaçaient souvent dans les lueurs du matin tandis que je travaillais encore dans mon laboratoire[6]. » 
 
Un chapitre complet a été écrit afin d’expliquer son travail et le temps énorme passé  pour que Frankenstein arrive finalement à la création de son œuvre. Néanmoins, la surprise qu’il ait besoin en plus de temps afin de s’exprimer sa déception de sa créature :
« … Comment décrire mes émotions en présence de cette catastrophe ou dessiner le malheureux qu’avec un labeur et des soins infinis je m’étais forcé de former ?[7] …»

L’auteure décrit ces moments d’horreur afin d’arriver à un instant capital et dit :
« …Incapable de supporter la vue de l’être que j’avais créé, je me précipitai hors de la pièce et restai longtemps dans la même état d’esprit dans ma chambre, sans pouvoir goûter de sommeil.[8]»

Dans ce passage l’auteure achève sa pensée, elle a bien convaincu le lecteur qu’elle était épuisée de son travail acharné pendant longtemps, mais malheureusement le résultat de son labeur ne soit pas comme il voulait.  Son message est bien passé, une mise en scène afin de préparer le liseur de son cas et de son défaite malgré son besogne. La question pour laquelle je m’interroge : Que veux l’auteure dire ?
La pensée derrière ce passage étant le cœur du roman que l’auteur, comme j’ai écrit dessus, remplace Dieu sur terre et la science est capable de changer notre vie, bien qu’elle soit des mouvais résultats. En effet, la littérature nous parle depuis le XIXe siècle afin de l’interpréter à notre époque que la science et la connaissance gagnent sans cesse leur place dans notre société, les découverts scientifiques continuent sans arrêt et les textes continuent nous parler immortellement. C’est une pensée laïque afin de donner plus force aux séculiers de séparer la religion de l’État et d’accorder aux scientifiques plus pouvoir afin de modérer la société, ces savant ont besoin la plume des écrivains qui décrivent leurs œuvres.

4.  Jorge Luis Borges, le mystère d’écriture :



Borges est un écrivain spinoziste et majeur du XXe siècle ayant laissé ces traces mondialement. Ces ouvrages englobent des énigmes et des mystères. Sa force dans la littérature provoque le lecteur à relire le texte maintes fois afin qu’il comprenne le sens caché entre les lignes et derrière les mots, après quoi le liseur arrive ou pas à déchiffrer le secret de pensée de cet écrivain argentin. Le point fort de cet auteur aveugle pendant longtemps qu’il ne soit pas facile d’interpréter ces écrits à travers ses allégories, par contre, tout est possible avec la persévérance et la détermination.
La nouvelle de Borges intitulée: La mort et la Boussole, à la première lecture, le récit raconte l’histoire d’un détective qui essaie de résoudre une série de crimes liée avec des personnes mortes de même identité. L’auteur prépare lecteur à travers une mise en scène afin d’expliquer la situation d’Érik Lönnort, le détective, vis-à-vis de ces homicides :
« … Que la série périodique de meurtres qui culminèrent dans la propriété de Triste-le-Roy, parmi l’interminable odeur des eucalyptus. Il est vrai qu’Érik Lönnort ne réussit pas à empêcher le dernier crime, mais il est indiscutable qu’il avait prévu.[9] »

Lönnort cherche inlassablement de résoudre les assassinats sans succès, bien qu’il les ait attendus. La mort de trois personnages juifs dans l’est, l’ouest et le nord de Buenos Aires, la capitale de l’Argentine. Cependant, la mort d’un rabbin et la discussion après la découverte de cet homme religieux entre Lönnort et le commissaire Treviranus nous oriente vers une piste, qu’il y a des livres et des noms sacrets de Dieu, ce dernier possède 99 noms et le centième est composé de quatre lettres, c’est son nom absolu. C’est un mystère de déchiffrer rapidement le texte à travers ce champ.  Les livres sont liés avec le judaïsme, la secte des Dévots, on lit une phrase qui nous guide à la pensée de l’auteur dans cette histoire :
« … Son neuvième nom attribut, l’éternité -c’est-à-dire la connaissance immédiate de toutes les choses qui seront, qui sont et qui ont été dans l’univers[10]. »

Cependant, le mystère de texte continue en expliquant que la mort de trois juifs est un crime ou d’un complot antisémite, une sorte de génocide :
« … les lenteurs intolérables d’un pogrom clandestin et frugal qui a besoin de trois mois pour liquider trois juifs.[11]»

Les trois crimes ont été commis dans une symétrie dans le temps : 3 décembre, 3 janvier et 3 février. Et, harmonie dans l’espace aussi. En plus, le commissaire trouve une boussole afin de trouver le lieu de quatrième crime qui sera commis au sud de la ville. Néanmoins, à la surprise de lecteur, tout ce qui est monté, n’était en réalité qu’un leurre afin d’assassiner le détective Érik Lönnort par le criminel Scharlach, celui-ci le cherche à cause d’une affaire lointain et il réussit de se venge:
« Pour la prochaine fois que je vous tuerai, je vous promets ce labyrinthe, qui se compose d’une seule ligne droite et qui est invisible, incessant. Il recula de quelques pas. Pui, très soigneusement, il fit feu.[12] »    

Pourtant, avec maintes lectures de ce récit, la question derrière cette nouvelle policière montre que les personnages borgésiens sont les métaphores de cette histoire liée avec le cosmos et le chaos.
À la première lecture, l’histoire parue simple, un criminel veut se venger et une enquête a été déclenchée pour trouver le nom absolu de Dieu. Par contre, en creusant un peu, nous déchiffrons le mystère de Berges, celui-ci pense que les Européens considèrent le monde tel un cosmos, par contre le monde pour l’auteur est un chaos[13] et désordres. Autrement dit, les personnages borgésiens perçoivent le monde qui les entoure en tant que chaos[14]. Dans l’antiquité, les Grecs pensent que le cosmo est un monde bien organisé auteur d’un principe unique qui s’explique la diversité des choses.[15] Par conséquent, toute forme de récit policier, par le rapport à l’énigme qu’il instaure pourrait de façon plus générale nous renvoyer l’image d’un monde à déchiffrer[16]. Mais, selon Berges il est possible de le déchiffrer ou le contraire comme le détective a échoué et est tombé dans le leurre du criminel, dans ce sens le sens religieux vient, c’est le nom absolu de Dieu, c'est-à-dire une sorte d’explication inachevée à ce que nous recherche. En réalité, le passage du cosmos au chaos est le passage d’un monde par un volonté supérieur à un monde sans Dieu[17]. Et le nom hébraïque de Dieu est purement inexact, il ne donne pas à aucun sens, il n’est qu’un artifice dans ce récit.
En somme, ce chaos que l’auteur présent au cosmos harmonieux est le principe signification du labyrinthe présente dans la nouvelle La mort et la Boussole  de Berges.
Le spinoziste nous guide à un autre écrivain, qui pense dans une façon différente, mais toujours dans une manière laïque.

5.  Hofmannsthal la langue en crise :



Hofmannsthal un écrivain du XXe siècle, avec son groupe littéraire la Jeune Vienne, ils prétendent, selon l’encyclopédie Larousse, à la création d'un art adapté aux temps modernes. Cependant, elle se distingue par son rejet absolu du naturalisme et trouve sa voie dans cet art néoromantique et symboliste[18]. Son ouvrage Lettre de Lord Chandos est un récit qui démontre la situation d’un écrivain vivant depuis longtemps une crise de langue, et veut trouver une solution pour sortir de cet abyme. Sa pensée se concentre sur un point de sortir de sa crise afin d’être habile et capable de s’exprimer ses convictions.   
Il utilise son talent à travers plusieurs mises en scène dans sa lettre, son récit La Lettre de
Lord Chandos afin de trouver une solution à sa crise. 
L’écrivain italien Claudio Magris décrit intelligemment la souffrance de Hofmannsthal et de sa pensée en tant que quelqu’un qui a déclaré la faillite du langage:
  « La Lettre de Lord Chandos est un manifeste de la dissolution de la parole et du naufrage du moi dans le flux désordonné et indistinct des choses que le langage ne peut plus nommer ni dominer. Le protagoniste abandonne sa vocation et sa profession d'écrivain parce que aucun mot ne lui semble exprimer la réalité objective, le flux secret de la vie le saisit et le pénètre au point qu'il se perd complètement dans les objets, qu'il se dissout dans une révélation du tout qui détruit l'unité de la personne dans un tremblotant chatoiement d'émotions et de réactions. »
   
Au début de son récit La Lettre de Lord Chandos, Hofmannsthal prépare la scène afin de s’exprimer sa pensée pour sortir de sa crise :
« Ceci est la lettre que Philippe Chandos, fils cadet du comte de Bath, écrivait à son ami Francis Bacon, futur Lord Verulam et vicomte de Saint-Alban, pour s’excuser auprès de ce dernier d’avoir renoncé à toute activité littéraire.[19]»

Dans les notes nous lisons que cette lettre est la seule qu’il a achevée depuis longtemps :

« … il est véritablement achevé… [20]»

 Il continue qu’il est conscient de l’inquiétude de ses amis à propos de sa crise de ne plus écrire :
« …Vous avez l’obligation, mon très noble ami, de fermer les yeux sur mon silence de deux années et de prendre la plume pour m’écrire. Vous avez plus que l’obligeance de donner des allures de plaisante légèreté au souci que vous vous faites pour moi, à votre inquiétude touchant l’engourdissement intellectuel où je vous parais sombrer… »   

Il continue à s’exprimer son problème qui touche son esprit et qu’il lui prive d’écrire :
 « Or ‘est mon être profond qu’il me faut vous exposer, une étrangeté, une déviance, une maladie de mon esprit, si vous voulez, pour que vous compreniez qu’un abîme aussi infranchissable me sépare des travaux littéraires auxquels je suis prétendument attelé que de ceux accomplis et que j’hésite, tant est étrangère la langue qu’ils me parlent, à considérer comme miens.[21] »

 La solution de sortir de l’abime de langue est le retour aux Anciens, au passé qui nous donnent, quant à lui, un jugement mystérieux infatigable et il veut aussi écrire à la façon des anciens :
« Les fables et les récits mythiques que les Anciens nous ont laissés et dont les peintres et les sculpteurs, ingénument, se délectent infiniment, je voulais les décrypter, hiéroglyphes d’une sagesse secrète, inépuisable, dont je croyais parfois sentir le souffle, comme derrière un voile.[22]»
Bien qu’il ait trouvé une solution, il insiste son cas qui n’arrive pas à s’exprimer sa pensée faute d’éléments afin de la formuler. 
« … j’ai totalement perdu la faculté de penser ou de parler de façon cohérente sur quoi que ce soit.[23] »

Il veut et il pense que la solution de sa crise est de rédiger sa pensée dans un recueil à l’ancienne :
« … je voulais, je pensais composer un recueil d’"apophtegmes" comme en a rédigé Jules César : vous vous souvenez de la mention qu’en fait Cicéron.[24] »

Cet écrivain qui considère le Rambaud du XXe siècle, pense que les Anciens ont le remède à sa crise bien que son texte nous parle depuis d’un siècle afin de nous amener à nouvel auteur qui expliquera sa pensée à travers des lettres qui lui convient.

6.  Kafka et le sens caché :



Kafka est un écrivain spinoziste, majeur dans la littérature mondiale, qui parle de notre actualité dans ses œuvres du XXe siècle.
Sa pensée reste unique et bien dissimulée derrière ses mots et ses lignes, même souvent nous avons la difficulté où déplacer certains de ces textes tel que Lettre au père. Et lui-même, il écrit à sa sœur afin de s’exprimer son style et sa pensée :
« J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je devrais penser, et ainsi de suite jusqu’au plus profond de l’obscurité. [25]»

Dans sa nouvelle Chacals et Arabes qui est d’ailleurs comme ses écrits pleins d’allégories, Kafka écrit à l’éditeur Martin Buber : 
« Je vous demande de ne pas nommer ces deux récits "Allégories"; ce ne sont pas à proprement parler des allégories ; si vous voulez un titre pour les deux, peut-être ‘Deux histoires d’"animaux".[26]»

En basant sur cette approche, il y a une comparaison entre l’Arabe et le chacal, ce dernier est un animal particulier, selon l’encyclopédie Larousse, il est mammifère ressemblant beaucoup à un renard, de mœurs nocturnes, au régime alimentaire varié, des prairies naturelles et des forêts. Et une autre définition : Personne sans scrupule qui s'enrichit aux dépens des autres.
Kafka fait sa mise en scène en décrivant un camp dans un oasis où il y a les Arabes avec des voyageurs :
« Nous avions dressé le camp dans l’oasis. Mes compagnons de voyage dormaient. Un grand Arabe vêtu de blanc passa près de moi, il venait de porter leur pitance aux chameaux et rejoignait sa couche. [27]»

C’est l’image typique des Arabes dans la conscience occidentale, le dessin montré par les orientalistes dans leurs ouvrages, une image négative qui distingue l’Arabe vivant au désert avec les chameaux comme des gens paresseux et dupes. 
Puis, le narrateur n’arrive pas à dormir à cause de cris d’un chacal vient de loin :
« Je me jetais dans l’herbe; je voulais dormir mais n’y parvenais pas; un chacal hurlait plaintivement dans le lointain; je me relevai. [28]»

L’auteur nous prépare à travers cette mise en scène afin de commencer son histoire et ce dont veut démontrer.
Une discussion débute entre le narrateur et le chacal, cette conversation qui décrit négativement les Arabes comme des personnes qui manque d’intelligence. Ce genre de discussion imite le livre de sagesse arabe connu sous le titre : Kalila et Dimna, un ouvrage constitue de discussion entre les animaux, qui présentent des personnages, afin de passer un message à un gouverneur despote. Alors le chacal s’adresse la parole au narrateur :
« Que tu viennes du Nord, c’est bien là-dessus que se fonde notre espérance. Là-bas règne l’intelligence, qu’on cherchait en vain ici chez les Arabes. [29]»

La discussion entre l’auteur et le chacal continue, et ce dernier prouve l’intelligence de celui qui vient du Nord (l’écrivain).
« Tu es très intelligent. [30]»

Le chacal parle qu’il ne craint pas les Arabes et la conversation se poursuit avec le narrateur, surtout que, selon le chacal, la division mondiale et la guerre doivent arrêter, bien que ce monde ait besoin de pureté et de se débarrasser de certaines pratiques inhumaines viennent des Arabes   :
« Seigneur, il faut mettre fin à la querelle qui divise le monde, …, il nous faut la paix, du côté des Arabes ; il nous faut un air respirale, un horizon tout entier purifié de leur vue et de leur présence ; nous voulons ne plus entendre le cri de moutons égorgés par l’Arabe,…, nous voulons la propreté rien que de la propreté. [31]»

Soudain un Arabe vient et la troupe de chacals fuit la place, la scène montre que l’arabe ne comprend pas bien la gravité de présence des chacals et il les traite des fous :
 «…Ces bêtes vivent avec un espoir insensé ; ce sont des fous, de vrais fous. C’est pour cela que nous les aimons bien; ce sont nos chiens, ils sont plus beaux que les vôtres. Regarde donc : un chameau est mort, cette nuit, je l’ai fait amener ici. [32]»

Kafka est un écrivain hors de l’ordinaire, dans ce récit, le chacal qui présente l’Occident qui est opportuniste et cherche un aubain afin de gagner et de réaliser ses projets. L’auteur suit exactement l’image dessinée par les orientalistes européens qui décrivent l’orient comme un monde paresseux et exotique. Mais la vision de Kafka dans ce récit qui montre aussi la naïveté des Arabes en face de malveillance et la fourberie de l’Occident, cette vision qui est nouvelle dans la littérature.

7.  Conclusion :


Le monde reste toujours le même, dit Goethe ; les situations se répètent. Or, puisqu’un
peuple vit, aime et sent comme l’autre, pourquoi un poète n’écrirait-il pas comme l’autre ? Les situations de la vie se ressemblent, pourquoi donc les situations de la vie ne se ressembleraient-elles pas ? Et c’est précisément à cause de cette ressemblance de la vie et des impressions que nous sommes en état de comprendre la poésie des autres peuples.  
Sans elles, en lisant des poésies étrangères, nous ne saurions de quoi il est question[33].                              Cette citation de Goethe est dans une façon présente est un résumé de mon travail, car l’école de Spinoza engendre des personnes capables de créer des textes qui nous parlent, bien que la situation de certains entre eux se ressemblent, il crée des textes différents.
Kafka qui est présent dans notre actualité, comme j’ai écrit ci-dessus, cette nouvelle appelée Chacals et Arabes qui démontre la pensée de cet auteur visionnaire qui a lu notre présent il y a plus d’un siècle et bien sûr les autres écrivains qui ont écrit des textes canoniques afin de nous expliquer notre situation dans un texte immortel, âgé plus d’un siècle.
L’émancipation de la religion et de la figure qui est derrière toutes les choses, c’est une voie afin de penser librement sans peur et sans craint, en effet, c’est le cas de nos écrivains de cette recherche.    


8.  Bibliographie :


1.      GOETHE, Johann Wolfgang von et Ackermann, Johann Peter, Conversations de Goethe avec Ackermann [1848], trad. Jean Chuzeville, éd. Claude, éd. Claude Roëls, Paris, France, Gallimard, 1988, p.136
2.      Bénédicte Boisson, Alice Folco et Ariane Martinez, La mise en scène théâtral de 1800 à nos jours, Édition Licence, France, Paris, 2010.
3.      Mary Shelley, Frankenstein, Edition Garnier-Flammarion, France, Paris. 1979.
4.      Jorge Luis Borges, Fictions, Éditions Gallimard, France, Paris, 1965.
5.      Raphaël Estève, L’univers de Jorge Luis Borges, Éditions Ellipses, France, Paris, 2010.
6.      Hugo Von Hofmannsthal, Lettre de Lord Chandos, Édition Payot & Rivages, France, Paris. 1974. P.45
7.      Jean-Pierre Roy, La lettre interdite de Kafka, Éditions Liber, Canada, Québec.
8.      Kafka, Un artiste de la faim À la colonie pénitentiaire et autres récits, Édition Gallimard, 1980, France, Paris.



[1] Bénédicte Boisson, Alice Folco et Ariane Martinez, La mise en scène théâtral de 1800 à nos jours, Édition Licence, France, Paris, 2010. P.05
[2] Ibid., p.08
[3] Mary Shelley, Frankenstein, Édition Garnier-Flammarion, France, Paris. 1979. P 111
[4] Ibid., p.111
[5] Ibid., p.111
[6] Ibid., p.111
[7] Ibid., p.112
[8] Ibid., p.113
[9] Jorge Luis Borges, Fictions, Éditions Gallimard, France, Paris, 1965. P.133
[10] Jorge Luis Borges, Fictions, Éditions Gallimard, France, Paris, 1965. P.136
[11] Ibid., p.140
[12] Ibid., p.147
[13] Raphaël Estève, L’univers de Jorge Luis Borges, Éditions Ellipses, France, Paris, 2010. P.31
[14] Ibid., p.33
[15] Ibid., p.34
[16] Ibid., p.35
[17] Ibid., p.34
[19] Hugo Von Hofmannsthal, Lettre de Lord Chandos, Édition Payot & Rivages, France, Paris. 1974. P.45
[20] Ibid., p.105
[21] Ibid., p.51
[22] Ibid., p.55
[23] Ibid., p.65
[24] Ibid., p. 56-57
[25] Jean-Pierre Roy, La lettre interdite de Kafka, Éditions Liber, Canada, Québec. P.17
[26] Kafka, Un artiste de la faim À la colonie pénitentiaire et autres récits, Édition Gallimard, 1980, France, Paris., p.244
[27] Ibid.,p.127
[28] Ibid., p.127
[29] Ibid., p.128
[30] Ibid., p.128
[31] Ibid., p.130
[32] Ibid., p.131
[33] GOETHE, Johann Wolfgang von et Ackermann, Johann Peter, Conversations de Goethe avec Ackermann [1848], traduction Jean Chuzeville, édition. Claude, éd. Claude Roëls, Paris, France, Gallimard, 1988, p.136

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