lundi 15 mars 2021

Du risque Algérie aux choix stratégiques d’une nation

UN ARTICLE TRÈS IMPORTANT SUR L'ALGÉRIE ÉCRIT PAR UN CHERCHEUR ALGÉRIEN, JE L'AI TROUVÉ TRÈS INTÉRESSENT ET JE LE PARTAGE AVEC VOUS.

Adam Mira

Seddik Larkeche est un expert international en gestion stratégique des risques. Il nous a adressé cette contribution sur la situation politique en Algérie que nous publions intégralement.

CONTRIBUTION. A/ L’Algérie à la croisée des chemins

L’Algérie est aujourd’hui dans le viseur, surveillée par certains, admirée par d’autres pour sa première révolution, la seconde en cours et convoitée par quelques nations durant cette période incertaine.

La richesse du sol algérien et sa position stratégique en Méditerranée a toujours suscité de nombreuses convoitises. L’Algérie est aujourd’hui sur une ligne de crête et c’est pourquoi elle doit amorcer sa mutation vers une seconde république réellement démocratique au plus vite : si elle ne le fait pas, ce sera l’histoire qui lui imposera, l’histoire se terminera mal et le prix à payer sera tragique pour le pays.

L’Algérie est face à de nombreux risques internes (politique, social, économique) et externes, multiplication de conflits localisés encerclant le pays (Lybie, Sahel, Sahara occidental) dans une poudrière régionale qui peut s’exprimer à tout moment par une quelconque étincelle, aggravée par Israël qui se rapproche dangereusement de l’Algérie avec ses récentes normalisations avec le Maroc. La nation algérienne est une et indivisible même si certains tentent par différents subterfuges de souffler sur les braises pour tenter de la disloquer.

B/ Qu’est-ce que la nation algérienne ?

L’Algérie dispose d’une histoire commune, plusieurs langues, un vaste territoire, et finalement une âme arabo-berbère, musulmane, une âme  singulière, mélange d’influence romaine, espagnole, turque et française, combinant héritage glorieux comme l’indépendance mais aussi des tragédies communes.

Les Algériens ont souffert ensemble durant près de deux siècles : on a gagné et perdu ensemble de nombreuses batailles, c’est ce qui fait notre nation, les sacrifices de nos chouhada et nos deuils nous imposent des devoirs, celui du souvenir, nos réussites y compris celles des épreuves surmontées nous poussent vers un effort commun, celui de construire un grand projet solidaire pour le présent et l’avenir. La nation algérienne existe par son passé, son histoire commune et la volonté de continuer ensemble avec une solidarité contrairement à ceux qui souhaitent la diviser.

La nation algérienne dispose d’une âme, j’en suis convaincu, celle d’une conscience collective de vouloir faire ensemble de belles et grandes choses, contrairement à ceux qui surfent d’une manière intéressée sur la désillusion et l’impossibilité de voir la naissance d’un grand projet en Algérie.

Cette réalité peut être matérialisée par ces épreuves et ces réussites extraordinaires : je considère qu’elles peuvent être caractérisées par quatre  moments forts : le premier, la révolution d’indépendance, le second Octobre 88 où l’armée tire pour la première fois sur ses enfants, le troisième,  la tragédie de la décennie noire qui a fait des dizaines de milliers de victimes diverses et enfin le Hirak du 22 février 2019 qui peut être la jonction de ces quatre temps forts.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui autant à la croisée des chemins, en quête de devenir mais aussi en quête d’une identité commune renforcée avec l’impérieuse nécessité de faire un bilan depuis 1962.

C/ Un bilan décevant depuis 1962

Nos réalisations sont nombreuses, il serait ridicule de les minimiser pour ne pas exprimer la réalité contrastée algérienne qui intègre d’importantes infrastructures réalisées (ponts, barrages, routes, logements, usines de production) faisant aujourd’hui de l’Algérie un pays composé de plus de 40 millions d’habitants qui arrivent à se nourrir, se loger et se former.

Il est vrai et c’est une avancée indéniable, l’Algérie dispose aujourd’hui d’un peuple instruit par millions, générant des milliers de médecins, ingénieurs, docteurs en tous genres alors qu’elle ne disposait au lendemain de l’indépendance que d’une poignée d’ ingénieurs, médecins et architectes, avec une population à plus de 90 % analphabète en arabe et en français.

Ces réalisations ont été possibles grâce à l’engagement de talents algériens qui ont été sincères dans l’exercice de leurs responsabilités. A contrario, ces réalisations n’ont pu masquer nos dysfonctionnements profonds et ceci depuis longtemps, y compris durant la Guerre de libération.

Le bilan après soixante années d’indépendance est décevant car ces décennies ont été aussi traversées par de nombreux échecs, où l’on constate un système bloqué, artificiellement démocratique avec des élections presque toujours « bidonnées », sans projet de société et où le poison corruption est devenu la règle dans les relations sociales et les gouvernances successives.

Cette affirmation n’est pas la construction intellectuelle d’un chercheur pointilleux qui cherche le point noir de la feuille blanche mais celui d’un Algérien – parmi des millions – vivant tristement dans son âme et sa chair la déliquescence d’un pays.

Alors qu’il a pourtant tout pour réussir (et c’est peut-être le plus affligeant), il donne l’impression d’avoir été capté par une minorité d’acteurs. Une forme d’entente mafieuse pour ne jamais laisser l’Algérie s’exprimer et se développer comme une grande nation, comme si un sortilège l’avait frappée d’un puissant poison.

Pour prouver ce malaise profond, il suffit de se référer à deux indicateurs probants : le premier, c’est le nombre d’émeutes et contestations depuis plus de 30 ans et le second, le nombre exponentiel de harragas qui prouvent au monde entier le mal-être des Algériens.

Il suffit de voir le taux de chômage surtout chez les diplômés pour mesurer l’ampleur de la situation tel que le désœuvrement de ces jeunes qui deviennent malgré eux des hitistes ou condamnés à devenir des harragas par centaines.

Un autre exemple, celui de la quantité de familles nombreuses, avec un seul et médiocre salaire, familles n’arrivant alors que difficilement à subvenir à leurs besoins vitaux.

D/ Les racines du mal ou le syndrome de l’enfant battu

Le poison corruption étant le symptôme de l’Algérie malade. Les causes remontent à très loin, de la chute de l’empire musulman Al Andalous en 1492 à Grenade, en passant par l’influence ottomane, la colonisation française et les basculements durant la révolution d’indépendance pour rejoindre les différents gouvernants autoritaires de 1962 à 2019. Ils ont tous consolidé, au fil des ans, à leur manière, le syndrome de l’enfant battu, origine principale de notre matrice autoritaire dont l’Algérie ne sait plus comment se départir.

La première grande erreur, c’est que nous avons eu peur de la pleine démocratie avec l’élimination quasi-mécanique de toute opposition, loin de l’idéal révolutionnaire d’indépendance et de liberté retrouvée. En réalité, on n’a pas su impulser un véritable projet démocratique depuis 1962.

On a donné l’illusion d’une société démocratique tout en maintenant un système autoritaire avec une certaine élite de l’armée qui a surfé sur une certaine légitimité historique pour s’imposer comme arbitre du jeu politique.

On a construit un monstre poison, une forme d’association de malfaiteurs composée d’une élite de la hiérarchie militaire, d’une bourgeoisie bureaucratique, d’une bourgeoisie industrielle et commerciale.  Toutes ces catégories imbriquées entre elles par des liens familiaux, relayées par des mafias internationales, essaiment un peu plus le poison dans toutes les strates de la société, pour un peu mieux déposséder l’Algérie.

Aucun de nos présidents en dépit des bonnes intentions de certains n’a su véritablement s’asseoir au seuil de l’histoire de ce grand pays : ils ont tous globalement échoués, dévorés par leurs turpitudes autoritaires puisque la démocratie n’a jamais pu s’installer véritablement en Algérie.  Le poison de la corruption n’a alors fait que progresser pour prendre des proportions folles rendant toujours et encore plus fragile l’Algérie.

E/ On a trompé les Algériens

On a cru que nous pouvions acheter le développement à coup de milliards sans accorder une importance particulière à la digestion des technologies et savoir-faire importés en négligeant le capital humain.

On a pensé que la rente pétrolière était notre garantie de réussite alors qu’elle faussait notre représentation de la réalité et fragilisait les autres secteurs qui n’étaient viables qu’avec l’injection massive de capitaux issus de cette rente énergétique.

On a assisté le peuple en lui faisant croire que les subventions diverses étaient un dû dans le partage du gâteau algérien, faisant exploser le clientélisme et, par prolongement, la corruption pour les heureux élus.

On n’a pas cru au capital humain algérien alors qu’on avait misé sur la formation pour que ces derniers soient les réels leviers du développement du pays.

On a été tactique pour neutraliser les oppositions et rarement stratégique avec une vision pour un développement durable de l’Algérie, nous limitant à un model de fonctionnement.

On a transféré le poison du parent aux enfants, démultipliant sa propagation dans les profondeurs de la société.

La liste est longue et nous pourrions démultiplier le nombre d’exemples qui prouvent que notre bilan est accablant pour un pays qui avait tout pour réussir et devenir une très grande nation, le lion de l’Afrique.

F/ L’Algérie face à sa diaspora, l’éternelle exclusion

On a fait fuir les meilleurs et on a constamment négligé la diaspora, considérant qu’elle pouvait perturber l’ordre établi, en la cantonnant à un tourisme familial sans apport réel au pays d’origine.

La réitération dans la nouvelle Constitution de l’impossibilité pour ces Algériens de l’étranger d’occuper de hautes fonctions ou le projet de déchéance de leurs nationalités sont dans la même continuité, une diaspora stigmatisée exclue du développement de l’Algérie.

L’Algérie sera coupable devant l’histoire parce qu’elle n’aura pas su valoriser et utiliser réellement ses enfants de l’extérieur pour le développement du pays.

G/ La difficile déconstruction ou l’inertie d’un système

Nos problèmes ne sont pas techniques ou politiques mais d’abord philosophiques, intellectuels et nous ne pourrons les résoudre que si nous enclenchons un processus de déconstruction idéologique nous permettant d’identifier nos erreurs du passé qui nous ont enfermés dans une décadence depuis de nombreuses années.

La triangulation du poison est la colonne vertébrale de ce système, composée par un premier poison, celui de l’autoritarisme et le second, celui de la rente. Les deux sont reliés avec pour conséquence la généralisation d’un troisième poison, celui de la corruption.

Sans une réelle déconstruction de cette triangulation systémique et diabolique, nous continuerons à donner dans les échecs comme le syndrome du mauvais élève, incapable de cerner les enjeux actuels.

Nous devons apprendre à construire avec de nouveaux repères, intégrer nos erreurs du passé, avoir la conviction que l’homme providentiel n’existe pas et que l’apprentissage sera concluant si nous considérons le peuple comme central, si nous savons prendre des risques pour viser un grand projet pour l’Algérie.

Ce gâchis de ne pas avoir été au seuil de l’histoire du développement de notre pays est aussi l’échec de tous, pas uniquement des apparatchiks, car ce serait trop facile de cibler ce seul acteur.

H/ 1er novembre 1954. 22 février 2019, étrange similitude, ou quand le hirak réveille l’Algérie

L’Algérie force le respect mondial par sa révolution contre le joug colonial français qui lui a permis de recouvrir sa liberté et sa dignité au prix d’un sacrifice immense. Chaque famille algérienne a ses victimes.

Aujourd’hui, l’histoire se reproduit sous une autre forme avec des enjeux différents mais avec un point commun : une nouvelle révolution est en marche et tous ses enfants patriotes se doivent d’y participer car l’avenir de l’Algérie est en jeu.

La tâche est rude car le cadre est complexe, la lisibilité faible, les résistances et inerties nombreuses mais l’objet en vaut la peine dans la continuité idéologique de nos illustres chouhada qui ont mis en péril leurs vies pour que l’Algérie soit libre et debout.

Aujourd’hui, l’objectif de la majorité des Algériens est d’impulser une nouvelle république en rupture avec l’ancien régime, seule remède contre la mal-vie où le poison de la corruption est devenue la règle, omniprésent et gangrénant tous les jours un peu plus l’âme de toute une nation. Il n’existe pas deux peuples algériens car le principal de la population souhaite une rupture avec l’ancien régime.

Être algérien aujourd’hui c’est assumer notre histoire, nos ancêtres, nos traditions, notre culture, notre religion principale et nos langues arabes et berbères, nos diversités et nos évolutions pour ne pas se perdre. Mais, être algérien, c’est aussi vouloir construire ensemble une nouvelle Algérie forte et digne où la liberté ne sera plus un vain mot mais le constituant principal de notre identité et le Hirak en est la plus belle expression.

I/ L’hypothétique dialogue entre le pouvoir et le Hirak

Le Président Tebboune et ses nombreux conseillers le savent. La situation est sous pression et l’invitation au véritable dialogue est délicate d’abord parce que le pouvoir ne sait pas comment appréhender réellement ce dialogue, par peur d’être dépassé par les revendications.

Surtout, le pouvoir freine par différents subterfuges la capacité du Hirak d’exister politiquement et de pouvoir designer ou élire des représentants à même de négocier avec le pouvoir.

Ce double jeu (appel au dialogue et blocage et répression du Hirak) génère un enlisement qui accroit l’incertitude du pays. Il est certain que les nombreux jeux d’acteurs qui se profilent avec des intérêts opaques risquent de faire basculer l’Algérie dans une situation inédite, dans des proportions inégalées.

Notamment celle d’être gangrénée par un poison intérieur venu de l’extérieur qui ne sera plus celui de la corruption mais celui de la dépendance multiforme à des intérêts étrangers qui auront su habilement instrumentaliser la situation, le Hirak et fracturer l’Algérie à jamais c’est pourquoi il y a urgence.

J/ L ‘urgence d’un grand projet pour l’Algérie, le président Tebboune face à ses responsabilités historiques

Le président Tebboune a une lourde responsabilité, celle d’impulser un grand projet fédérateur pour le pays. Il devra miser sur les forces vives, son peuple et sa diaspora où le Hirak est le pivot. La continuité du système serait une impasse, une stratégie de rupture est vitale si nous ne voulons pas faire face a des matérialisations de risques multiformes.

Le président Tebboune peut relever le défi, en faisant passer l’Algérie d’un régime autoritaire semi-démocratique à un véritable État de droit.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, il devra donner plus de gages pour réimpulser la confiance, ce qu’il n’a pas pu pleinement faire pour le moment, en accélérant le processus d’incarcération de nombreux détenus d’opinion ces derniers mois. Les récentes libérations vont dans la bonne direction mais restent insuffisantes eu égard au désespoir qui continue de sévir dans le pays. 

K/ Les choix stratégiques du président Tebboune

Le président devra trancher entre rupture ou continuité du système actuel, entre État de droit plein et entier ou triangulation du poison (autoritarisme, rente, corruption).

Entre impulser un grand projet ou maintenir un model de fonctionnement. Entre valorisation du capital humain comme principal richesse du pays ou continuer à dépendre de la rente énergétique. Permettre l’émergence de contre-pouvoirs avec une justice réellement indépendante, des médias enfin libres et une opposition politique digne de ce nom ou l’omniprésence d’un poison corruption qui gangrène l’Algérie.

À l’arbitrage de ces choix stratégiques, la politique des petits pas ne peut être efficiente car elle ne débouchera en rien sur un changement productif pour l’Algérie.

Nous pourrions dire que le temps presse et qu’il n’arrangera pas les choses : l’Algérie ne pourra plus tenir de la sorte, avec une rente qui lui donne l’illusion d’être riche et qui de l’autre côté neutralise toutes les forces vives de la nation en donnant tous les jours un peu plus de place au poison qui gangrène tout.

L’histoire va mal se terminer si nous ne réagissons pas. Aussi parce que notre population croît à vitesse élevée et que tenir une population de près de 60 millions d’individus dans à peine 20 ans sous perfusion, grâce à la rente et un système autoritaire est une idée suicidaire non viable et sujette à toutes les explosions y compris violentes.

Le temps nous presse aussi car la déconstruction sera d’autant plus délicate, avec un retard et des dysfonctionnements structurels profonds qui seront de plus en plus difficiles à combler.

Le président Tebboune est face à un destin historique avec une question cruciale, saura-t-il faire passer le pallier à l’Algérie pour qu’elle entre dans une nouvelle ère prospère, en particulier, dans le concert des nations véritablement démocratiques ?

A contrario, sera-t-il dans la continuité de ses prédécesseurs qui ont pratiqué la politique de l’entre-deux avec des résultats médiocres et presque toujours avec des issues tragiques ?

Par patriotisme, mais aussi parce que la fonction peut éclairer les hommes en leur donnant le courage de faire de belles et grandes choses, j’ai envie de croire à la première option même si les premiers résultats ne sont pas pleinement au rendez-vous, accélérant ma demande au Président Tebboune de mesures radicales pour sauver l’Algérie dont il est détenteur du pouvoir suprême.

Je suis dans une opposition totale avec celles et ceux qui considèrent qu’il ne dispose pas du véritable pouvoir, Par contre, je suis lucide sur les résistances, voire plus avec leurs relais nationaux et internationaux de certains acteurs qui souhaitent ardemment ne pas être dérangés par ce nouveau président, dans leurs positions privilégiées au sein des appareils et de l’économie algérienne.

Une des requêtes principales au président Tebboune est celle de ne briguer qu’un seul mandat, non pas comme signe de renoncement, mais au contraire comme engagement fort aux côtés des Algériens prouvant que la nouvelle Algérie est véritablement en marche avec la préparation d’un grand projet et les premières élections véritablement libres en 2024.

Cet engagement à ne briguer qu’un seul mandat, s’il se réalise, ne devra pas être confondu avec une démission mais au contraire. Cet unique mandat du président Tebboune sera déterminant pour l’avenir de l’Algérie car il aura su relever le défi de faire passer un pallier, d’un système autoritaire à une véritable démocratie loin de l’entre deux (autoritarisme et/ou islamisme)  où la justice, la liberté de la presse et des citoyens ne seront plus des vains mots.

La question est posée : le président Tebboune saura-t-il entendre ma requête ? Je m’interroge, mais je suis convaincu que s’il s’oriente dans cette direction, il aura les honneurs et le soutien de la grande majorité du peuple algérien et je serai l’un d’eux, parmi des millions.

Surtout, il achèvera son mandat de président de la République en marquant durablement l’histoire de l’Algérie, contrairement à ses principaux prédécesseurs depuis 1962.

*Pr Seddik Larkeche

 

De formation interdisciplinaire, Seddik Larkeche est un intellectuel franco-algérien, expert international en gestion stratégique des risques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Risque Algérie et stratégies de développement 1830-2030 (2012, Éditions L’Harmattan) et Le Poison Français, Lettre au Président de la République, Préface de Roland Dumas, (2017, Editions Ena). Il est Professeur des Universités. Ses recherches portent sur le risque pays et en particulier sur le Risque Algérie. Il est le précurseur de la demande de réparation financière des crimes coloniaux français en Algérie que le Conseil constitutionnel français a reconnu le 9 février 2018. Il vient d’achever l’ouvrage « Du poison algérien au génie d’une nation, lettre au Président de la République Algérienne (sortie 2021).

POUR LIRE L'ARTICLE DANS LE SITE TSA, JE VOUS INVITE À SUIVRE LE LIEN CI-DESSOUS.

https://olcnbvc4jz.com/du-risque-algerie-aux-choix-strategiques-dune-nation/ 

lundi 8 mars 2021

Trump : le prophète

    


Après des processus marquants contre l’ex-président américain Donald Trump en tant que le personnage qui a poussé ses fidèles à envahir le Capitole, il a été acquitté pour la deuxième fois. Quelques jours après, il a prononcé un discours et signé qu’il est toujours la personne la plus controversée de l’histoire moderne américaine. 

Par : Adam Mira

Dans un discours donné devant les membres du parti républicain, Trump a tiré sur toutes les personnes qui ont voté contre lui pendant son procé, 10 républicains incluant le chef du parti, aussi a-t-il considéré que les premiers 100 jours de Biden étaient catastrophiques pour les États-Unis.

Le discours de Trump a enflammé ses partisans qui prêchent la théorie du complot et le mouvement QAnon, selon Wikipédia :

« est une théorie et une mouvance conspirationniste d'extrême droite venue des États-Unis, regroupant les promoteurs de théories du complot selon lesquelles une guerre secrète a lieu entre Donald Trump et des élites implantées dans le gouvernement (l'État profond), les milieux financiers et les médias, qui commettraient des crimes pédophilescannibales et sataniquesLa mouvance se concentre autour des messages publiés sous le pseudonyme Q à partir d'octobre 2017 sur le forum anonyme.  D'après des procureurs américains, QAnon est communément appelé une secte»

 

Trump continue dans sa voix de décrédibiliser ses adversaires et refusent de reconnaitre sa défaite devant les démocrates et annonce qu’il reviendra en 2024 sans préciser la façon dont il pourra retourner.

Politique contre politique

Malgré sa gestion catastrophique de politique américaine sur la scène nationale et internationale, et sa politique de personnaliser tous les actes. Trump continue de prêcher sa politique en profitant de l’ignorance de ces partisans. Il insiste sur le nationalisme en répétant une devise attirante : l’America first. Lorsque la politique de l’Amérique d’abord est pratiquée par Trump, les États-Unis se replient sur eux-mêmes, l’Administration de Trump a mené des guerres sans merci contre la Chine, la Russie, l’Union-Européenne et ses voisins le Canada et le Mexique, en plus, les accords de paix signés entre Israël et les pays Arabes tels que : le Maroc, les Émiraties Arabe Unis et le Bahreïn basés sur des échanges, c’est-à-dire, le Maroc a signé son accord avec Israël à condition que les États-Unis reconnaissent le Sahara occidental en tant que territoire marocain, aussi avec les É.A.U, ces derniers ont signé l’Accord à condition de recevoir des avions F-35. Même, lorsque Trump a reconnu Jérusalem en tant que la capitale d’Israël, il a fait cet acte pour faire plaisir à son ami, le premier ministre israélien, Netanyahou et à son gendre Jared Kushner sans connaitre la gravité de ses actes. Sa pensée est basée sur ses affaires et ses expériences en tant qu’un homme d’affaires sans principes et sans valeurs, le plus important pour lui est de conclure une affaire. Selon cette pratique, la politique de Biden est catastrophique, car elle se base sur des valeurs et des principes américains.

Acte contre acte

En outre, Trump opte pour humilier ses amis avant ses adversaires, comme son acte nébuleux envers le premier ministre canadien Justin Trudeau, après la réunion de G7 au Canada, il l’a considéré comme marionnette, malheureusement, notre P.M n’ait pas répondu, cependant, s’il avait répondu dans la même façon, Trump sera calmé et il ne répètera jamais ses insultes. Comme le président coréen qu’il a insulté Trump en le nommant : Monsieur Fusil, alors celui-ci a cherché rapidement de conclure une affaire avec Kim Jong-un qu’il l’a insulté en le nommant le Vieux blanc à la Maison Blanche. 

Il faudra être agressif avec une personne violente qui pense qu’elle au-dessus de tout le monde, l’indulgence avec ce genre de personnage doit toujours être au même niveau, il ne faut jamais baisser la garde, sinon il continue sa politique haineuse et agressive.

Trump le prophète

70 millions américains ont voté pour Trump, des personnes de différentes catégories : une partie qui croit à la supériorité de la race blanche, autre évangéliste et autre nationaliste. Trois catégories de différents niveaux de scolarités, cependant Trump répond à leurs ententes, alors ils acceptent son discours, car il réalise leurs buts. Trump est devenu leur prophète qui reçoit son message divin afin de réaliser les buts de ces millions américains, l’homme d’affaires profite très bien de cette base afin de réaliser son plan d’être sous la caméra sans jamais penser que les États-Unis soient d’abord, il pense à ses intérêts et à sa notoriété.

Conclusion

À l’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis, le monde entier a découvert à quel point la démocratie est fragile et facile à périr, la monté du discours populiste dans le monde laisse la voie libre aux dictatures, d’ailleurs des tyrans comme Poutine, Bachar Assad et la junte en Birmanie etc., montrent que le XXIème siècle est une longue période de lutte contre les dictatures et le populisme.             A.M

 

     

 

dimanche 7 février 2021

Le déneigement à Montréal


Lorsqu'une tempête hivernale frappe Montréal, tout de suite, un comité de la métropole se réunit pour recruter les personnages qui vont travailler pendant cinq jours ouvrables afin de ramasser la neige. Alors, tout s’amorce le lendemain de la fin de tempête.

Par : Adam Mira 

Marguerite, proposée à la communication à la ville de Montréal, commence son travail en contactant les proposés au remorquage, la majorité des personnes contactées accepte l’offre, ils sont au chômage ou cherchent d'un travail, la proposée donne toutes les informations au proposé afin d’accéder au bureau et d'entamer son travail.

Lorsqu’elle finit sa première tâche, Marguerite commence à élaborer tous les documents demandés pour la paie et la pochette du proposé comprend des éléments concernant les contraventions et un téléphone intelligent pour envoyer le rapport d'infraction à la Ville. À côté de Marguerite, un autre bureau qui s'occupent les compagnies d’enlèvement des voitures restées dans la voie des machines à ramasser la neige.


Division des équipes

Certes, le quart du travail est divisé en deux, chacun compte 12h, le premier débute à 6h du matin et finit à 18h d'après-midi afin que le deuxième commence son boulou, alors le travail ne s’arrête pas jusqu'à ce que la neige soit ramassée. Tout le monde s’active pour que le travail soit parfait et la tempête ne laisse plus de traces sur la métropole. Cependant, chaque jour amène des inconvénients, d’autant plus les citoyens indisciplinés qui sont en colère et cherchent de créer des problèmes aux proposés au remorquage, car ils ont laissé leurs voitures dans la voie qui empêche le roulement du déneigement. Il faut être très calme avec ces gens agressifs et en rage, sinon l'interaction pourrait tourner au vinaigre. D’autres personnes qui détestent la sonnette des camions qui est, il faut le dire, très bruyante, alors elles manifestent leurs mécontentements. Aussi, une scène agréable, les enfants qui se figent devant le gyrophare et leurs parents qui nous sourient afin de faire plaisir à leurs gosses pour qu’on répète la sonnette et allume le gyrophare.

La préparation 

Après avoir enlevé toutes les voitures, et les déposer ailleurs, les différents types de bulldozers commencent à ramasser la neige et à la mettre en ligne afin que la souffleuse vienne et exécute sa dernière étape, après quoi les rues deviennent totalement nettoyées. 


En effet, le plus impressionnât dans ce travail, soit les grandes machines, en particulier, la souffleuse qui broie la neige afin de la jeter ou renverser dans la semi-remorque, quatre minutes sont suffisantes pour que la souffleuse y renverse des tonnes de neiges.

Les équipes

Pour faire ce travail délicat, il faut avoir des équipes qui se soutiennent et sont capables de résoudre tous les problèmes en clin d’œil, sinon il est possible que le travail ne finisse pas à temps. Les inconvénients qu’il y a certaines équipes qui comptent plus sur d’autres, car chaque secteur, il y a deux voitures qui travaillent ensemble, c’est-à-dire chacune doit faire son travail, mais souvent, il y a une équipe qui travaille plus qu’une autre et ce comportement peut causer des soucis durant le roulement du travail, d’autre un Agent de stationnement qui aime discuter et faire contrôler tout dans une façon qui empêche les proposés d’exécuter leurs travaux. Aussi, l’absence de harmonie entre le chauffeur du camion et le proposé peut aussi avoir un impact négatif sur le travail.


Conclusion

Faire un travail pareil a besoin de patience, et pour l’exécuter, il faut avoir une harmonie entre les équipes, chaque travail contient des inconvénients, en plus, les citoyens doivent être discipliner pour que le travail se réalise rapidement, citoyens et employés sont au service de leur ville.                                                                                                                            A.M

    

 

  

     

 

 

lundi 14 décembre 2020

Iran est à l’agonie!

 

Le 27 novembre les médias internationaux annoncent l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, le père du programme nucléaire iranien, dans la banlieue de Thérain. Plusieurs récits donnés par les différents médias, d’autant plus les médias iraniens racontant que l’assassinat a été fait à travers des armes contrôlées par des satellites.

Par : Adam Mira

Il y a un peu de temps, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a parlé de Mohsen Fakhrizadeh en tant que la personne la plus dangereuse pour Israël en tant que chercheur et le directeur de programme nucléaire iranien. En effet, Mohsen Fakhrizadeh a échappé deux fois de deux assassinats et le gouvernement iranien lui a accordé des gardes afin de le sauver en cas de nouvel assassinat.

Certes, depuis quelques semaines, Iran était une piste de plusieurs opérations militaires, jadis ce genre d’opérations exécutées à l’extérieur du pays, cependant, la série d’assassinats montre que la sécurité iranienne est faible, et l’instrument sécuritaire est infiltré par des agents qui travaillent pour les comptes des israéliens ou des américains. En outre, personne n’ a été appréhendée à la suite des tous les assassinats et les assassins n’ont rien laissé derrière eux comme des preuves pour déclencher une enquête. Par conséquent, pour cette raison, les Gardiens de la révolution ont publié une description de l’assassinat mérite d’être de science-fiction, pour cacher leur échec de ne pas déjouer cette opération faite avec perfection. 

En effet, il est clair que l’opération porte la signature de Mossad israélien, qui possède des expériences dans ce genre d’opérations, et il ne parle jamais de ces actes qui dérangent l’Occident en tant qu’un acte inouï contre un chercheur et savant soi-disant civil. Cependant, pour faire la guerre, tous les moyens sont autorisés pour gagner.

L’Iran est sous blocus majeur des États-Unis depuis 2018, la date où Donald Trump a décidé de se retirer d’Accord sur le nucléaire iranien, car, selon lui, cette entente contient des failles et donne la chance à l’Iran de procurer une bombe atomique. En effet, le guide suprême Khamenei refuse de renégocier de l’Accord comme l’administration de Trump souhaite, il attend le nouvel arrivant à la Maison Blanche, cependant, à la surprise de tout le monde, Joe Biden a remporté les élections présidentielles américaines et dès le débout déclare que l’Accord doit être rediscuté. C’est une douche froide pour le régime iranien qui souffre énormément à cause de l’embargo américain, mais il refuse de se plier devant les Américains, d’autant plus que les monarchies du Golfe exigent leur participation aux négociations avec Iran.

Certes, l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh sur le sol iranien, après un autre contre un membre intéressant d’Al-Qaïda gène le gouvernement iranien qui se montre capable d’être une puissance régionale et possède un service secret fort. Il est gêné aussi devant son peuple et ses partisans qui pensent que la République islamique d’Iran est capable de protéger ses alliés. En plus, l’assassinat de Abdullah Ahmed Abdullah, un membre clé d’Al-Qaïda, donne des signes à l’Occident que l’Iran tisse une relation avec le réseau terroriste mondiale et soutient aussi le terrorisme logistiquement en donnant aux terroristes un havre de paix pour mener des opérations contre l’Occident.

Les actes exécutés au dernier temps serrent l’étau sur l’Iran qui cherche dans toutes les directions de sortir de sa situation précaire sur tous les niveaux : économique, social et politique avec la santé précaire du Guide suprême.

In fine, Iran n’est plus capable de soutenir ses milices à l’extérieur de ses frontières, il est à l’agonie, sauf si le régime fait une volte-face et accepte de faire des concessions pour sortir de sa situation complexe, sinon le front intérieur va exploser devant un gouvernent déconnecter de la réalité et suivre le Guide qui est mourant.                                                                                                            A.M

   

lundi 16 novembre 2020

Iran et le terrorisme!

Abdullah Abdullah

Le 7 août 2020, deux agents de Mossad israélien ont tiré sur une voiture à Téhéran, ils ont tué un homme et une femme. Selon un journal américain, c’est une opération exécutée au compte de la CIA pour éliminer le numéro deux d’Al-Qaida Abdullah Ahmed Abdullah et sa fille Myriam, la veuve de Hamza Ben Laden tué en Afghanistan.


Par : Adam Mira


Après les attaques terroristes de 11septembre 2001 de New York, l’administration américaine a conclu que les terroristes d’Al-Qaida qui ont commis les attaques avaient une relation étroite avec les iraniens à travers Imad Moughaniya le haut responsable de Hezbollah libanais.


Selon les archives Oussama Ben Laden publiées par l’administration américaine, le chef d’Al-Qaida tenait une relation avec l’Iran en tant qu’endroit sécuritaire pour les djihadistes de l’organisation terroriste, en cas d’attaque contre eux. D’ailleurs, une partie de la famille de Ben Laden se réfugiait en Iran après l’invasion américaine à l’Afghanistan en 2001, et une de ses filles a fuit son appartement pour se réfugier à l’ambassade saoudienne à Téhéran, car, selon elle, elle a fuit les geôles iraniens. En effet, beaucoup djihadistes et leurs familles ont fuit l’Afghanistan pour s’installer en Iran. Le gouvernement de ce dernier à profiter de cette existante afin de contribuer à des attaques contre les américains, c’est une politique pratiquée depuis la victoire des Mollahs en 1979, il soutient tous les mouvements qui affrontent les É.-U. sans regarder leurs idéologies.


Certes, l’annonce de New York Times met le gouvernement iranien dans l’embarras, car elle montre que le Mossad israélien est bien fort en Iran et ce dernier accueil sur son sol des terroristes, et pour cette raison, le porte parole du ministère des Affaires étrangères iranien a nié l’opération, aussi ni Al-Qaida, ni la CIA et ni Israël publié-t-ont un communiqué concernant l’assassinat.


Abdullah Ahmed Abdullah son nom de combat Abou Amohamed Al-Massri est le responsable des attaques terroristes contre deux ambassades américaines en Afrique en 1998 et qui ont fait des centaines des morts et des blessés et la CIA a mis 10 millions dollars pour celui qui donne des informations sur lui.

En effet, l’annonce de cette opération arrive dans une période très délicate pour al-Qaïda, car Ayman Al-Zaouahiri est mort, selon plusieurs sources, et la mort d’Abdullah affaiblit davantage l’organisation terroriste.


In fine, cette opération montre que le régime iranien vit une crise majeure sur plusieurs niveaux, et le camp adversaire gagne du terrain, d’autant plus la situation économique est lamentable à cause de l’embargo américain qui a débouché sur des révoltes, et à l’heure actuelle, il est probable que le peuple iranien se révolte contre le régime qui a échoué dans la gestion de Covide-19, qui a fait jusqu’à maintenant 41 milles morts.


En fin de compte, pour combien de temps le gouvernement iranien va-t-il mentir et nier sa relation avec le terrorisme et continuer à déstabiliser la région? Des questions ont besoin des réponses.                A.M

vendredi 13 novembre 2020

Trump part, ses idées restent!

          

              Depuis la fin des élections américaines le 3 novembre 2020, le monde entier en attend le résultat pour féliciter le nouvel arrivant à la Maison Blanche et respirer après quatre ans houleuses par la gouvernance d'un président lunatique et manque d'expérience en politique.

Par: Adam Mira 

             En fin, aujourd'hui, le 13 novembre 2020, Joe Biden obtient 306 sièges contre 232 pour le président sortant Donald Trump. Quoique ce dernier refuse de reconnaitre sa défaite et continue ses tweetes en accusant les Démocrates d'être les voleurs des élections.

                 C'est la première fois dans l'histoires des É.-U. un président sortant reçoit les votes de plus de 70 millions américains, ce vote qui donne à Trump l'opportunité de rester dans l'histoire de son pays pour longtemps, en tant qu'un homme blanc qui prêche le racisme, l'inégalité et la suprématie des blancs. Des idées qui ont montré la division dans la société américaine, même certains pensent que le pays se prépare pour une guerre civile, mais les É.-U. en tant qu'un pays qui possède une démocratie avancée dont les institutions démocrates sont fortes et les traditions démocratiques font parties de la conscience américaine, le pays reste calme sans pencher sur la violence. Quoique Trump donne des discours pleins de mensonges et affabulations au point que les médias américains coupent son discours en signalant les Fake-News. Aussi, les plateformes numériques ont suivi le pas et sur chaque tweet de Trump soupçonné d'être frauduleux, ils mettent un signale pour prévenir les personnes qui lisent les citations de Trump.

              En effet, Trump n'a plus de marge afin de continuer à nier la victoire écrasante de Joe Biden, cependant, pendant deux mois qu'il lui reste deux mois à la tête des É.-U. En conséquence, Trump peut faire des actes difficiles à réparer, tels que: une attaque contre l'Iran ou fermer rapidement les bases américaines au Moyen-Orient. De toutes les façons, Trump va opérer des actes qui obligent Biden à suivre sa politique pour certains temps avant de résoudre tous les dégâts faits par le président sortant.

           Certes, beaucoup de travaux attend Biden afin d'intégrer son pays à nouveau dans la communauté  internationale et de rétablir la confiance avec les amis historiques tels que le Canada, d'ailleurs, c'est depuis quatre ans, la première fois, le premier ministre Justin Trudeau a eu une longue conversation avec Biden sur des sujets clés entre les deux pays, car Trump est un personnage d'action et il ne supporte pas la discussion ou les débats.

              In fine, Trump part en laissant derrière lui un pays déchiré par des idées obsolètes qui viennent avec les dirigeants populistes et des gens qui ont peur de l'autre, cet autre qui ne leur ai pas ressemble. Le Trumpisme continuerait dans les années prochaines, d'autant plus si Trump déclare qu'il sera candidat pour les élections de 2024.

         Joe Biden est président avec une femme de couleur pour la première fois dans l'histoire américaine, cependant, ce mandat de quatre ans sera très difficile avec plusieurs enjeux: le conflit avec la Chine, le Covide-19, le conflit au Moyen-Orient surtout l'injustice exécutée par Trump envers les Palestiniens, le conflit avec l'Iran et finalement la relation avec les pays du Golfe.

Mais, la bonne nouvelle, Trump a perdu et le monde prend son souffle.

                                                                                                                                                            A.M 











  

mardi 3 novembre 2020

Survole sur la littérature palestinienne: Les cas de Jabra Ibrahim Jabra et d’Émile Habib


                               Émile Habib et Jabra Ibrahim Jabra

deux majeurs écrivains palestiniens, un reste en Palestine et refuse de partir après la création d'israël en 1948, l'autre part avec sa famille et s'installe en Irak, chacun raconte l'histoire palestinienne à sa manière.

Par: Adam Mira

ÿ 
Introduction :

 

Lorsque l’on parle de la littérature palestinienne, on distingue rapidement que les écrivains palestiniens abordent deux idées : la première, celle de l’identité qui est menacée de disparaitre  avec le temps, et la deuxième est de raconter l’histoire d’un peuple qui a été chassé par les milices sionistes de leur patrie et de décrire l’exil et la vie des réfugiés dans les camps implantés un peu partout au Moyen-Orient.      

Cette littérature singulière commence des années après :

-       La création de l’état hébreu en 1948; 

-       L’émergence de la question palestinienne;

-       Et le début de mouvement clandestin qui cherche à libérer la Palestine et à émanciper le peuple palestinien de son humiliation et sa défaite.     

Pendant que les écrivains palestiniens font leur premier pas  en écrivant leur premier roman, les écrivains arabes ont déjà fait un saut dans la publication de romans modernes dès le début de dix-neuvième siècle. 

L’émergence d’al-Nahda, c'est-à-dire la Renaissance en Égypte, puis dans le monde Arabe, coïncidence avec l’arrivée de Napoléon Bonaparte en Égypte à la fin du 19ème siècle et le premier envoi des étudiants égyptiens en France pour étudier dans les universités françaises, puis à leur retour à leur patrie et la publication du premier roman par al-Manfaluti, un ressortissant égyptien qui essaya d’adapter le style européen aux besoins de la société arabe.   

Les tentatives d’écrire ou d’intégrer ce style dans la littérature arabe n’ont jamais cessé, Jurji Zaydan qui a écrit une dizaine de romans historiques a eu un succès important, mais lorsque Muhammad Husayn Haykal publie en 1914 son roman intitulé Zaynab, c’était le vrai acte de naissance du roman dans la  littérature arabe. Cependant, il faudra attendre des années de plus afin que ce genre de style prenne de l’ampleur dans le monde arabe.

Après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, les romans prennent un virage important avec l’égyptien Naguib Mahfouz, prix Nobel de 1988,  qui commence à publier ses romans qui se propagent rapidement dans la société égyptienne et obtiennent un succès retentissant.   

Dans les années qui suivent la Nakba qui signifie la catastrophe de 1948, le monde Arabe  a vécu une vague d’émancipation et de décolonisation, une série de coups d’État, y compris une révolution armée en Algérie après la déclaration du 1er  novembre 1954  rédigée par 22 jeunes algériens afin de libérer leur pays après 130 ans de colonisation française. 

Pendant que la littérature se développe dans plusieurs pays arabes grâce à la nouvelle situation politique, Naguib Mahfouz décide de renoncer à l’écriture en croyant que l’arrivée de l’armée égyptienne au pouvoir donnera un nouveau visage à son pays. Dans cette atmosphère agitée, les palestiniens vivent dans une situation particulière, ils essaient de s’adapter à leur nouvelle vie comme réfugiés. 

Dans un climat bouillant et une vague de changement radical dans plusieurs pays arabes, les palestiniens subissent en 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, pour la deuxième fois, une perte considérable. Il s’agit de la Nakssa, c'est-à-dire le bouleversement, la catastrophe est cette fois-ci la perte de toute Palestine et une nouvelle vague de réfugiés  palestiniens secoue les pays du Moyen-Orient.

Après la deuxième catastrophe, la Nakssa, la littérature palestinienne, qui fait partie intégrante de la littérature arabe, trouve un succès considérable. En effet, une jeune génération essaie de parler de la souffrance des réfugiés et de la résistance palestinienne qui est née deux ans avant la Nakssa, le 1er janvier 1965. Cette date annonce la création du Mouvement de Libération de la Palestine «Fatah» par Yasser Arafat.      

Par ailleurs, des intellectuels palestiniens écrivent des poèmes, des romans et fondent des journaux et des revues afin d’expliquer le malheur des palestiniens et la situation désastreuse que vit les réfugiés dans les camps de toile. 

La littérature palestinienne évolue rapidement avec la montée de la résistance palestinienne et la détermination du peuple palestinien à libérer son pays.

ÿ La question:

 

À travers ce qui a été écrit précédemment, il m’est possible à présent d’établir la question à laquelle j’essayerai de répondre lors de ma recherche :

« Quelles sont les origines de la littérature palestinienne et qu’elles sont les raisons de créer une branche particulière dans la littérature arabe ? Comment Émile Habibi et Jabra Ibrahim Jabra peuvent-ils lutter à l’aide de leur plume afin de sauver l’histoire et la mémoire d’un peuple expulsé de sa patrie ? Comment ont-ils pu atteindre leur cible et établir une littérature de lutte pacifique? De même, comment ont-ils vécu leur vie, l’un comme un réfugié et l’autre comme un indigène ? Est-ce la  littérature palestinienne joue un rôle afin de solliciter les arabes à s’intéresser à la cause palestinienne ? Par ailleurs, quel est l’impact d’aborder les œuvres de deux écrivains palestiniens chrétiens et leur rôle dans la défense de  leur patrie? Et, comment chacun de ces deux écrivains l’a-t-il abordé? Finalement, sera présentée une comparaison entre les deux écrivains concernant: leur refuge, leur identité, leur façon de traiter la Cause palestinienne.» 

À partir de là, on pourra dire que le moteur principal qui fait bouger la création d’une littérature palestinienne particulière est la perte de la Palestine et la fuite de milliers de palestiniens en abandonnant leurs biens et leurs foyers. Ce sont ces causes qui ont  poussé certains intellectuels palestiniens à chercher une façon dont ils pourront défendre leur peuple et leur patrie perdue.  

Cette pensée ne vient pas de nulle part, au contraire, elle vient des convictions profondes de ceux qui ont vécu et connu pendant des années le protectorat britannique et son soutien inconditionnel à l’émigration des Juifs en Palestine et surtout et avant tout la promesse de Balfour.     

Afin d’apporter un éclairage plus précis sur le sujet, nous pouvons poser un certain nombre de questions afin d’y répondre au cours de notre recherche, celles-ci peuvent se résumer à :

1-     Quel est le degré d’influence de la perte de la Palestine dans la réalisation d’une littérature arabe particulière  en Palestine?

2-     Quelles sont les limites de l’influence des relations entre la Palestine perdue et la pensée des Palestiniens?

3-     Quel est le rôle de la situation précaire dans le désir du palestinien d’étudier et de réussir dans ses études?

4-     Pour quelle raison certains écrivains palestiniens ont eu du succès et d’autres non ?

5-     À quel point la foi d’un écrivain a joué un rôle dans la littérature ?

6-     À quel point peut-on dire que l’exploitation de la cause palestinienne par certains régimes arabes a poussé certains intellectuels palestiniens à raconter leur histoire et leur expérience?

7-     À quel point peut-on dire que la  littérature palestinienne joue un rôle important dans la description de la souffrance du peuple palestinien ?

Ce sont des questions principales auxquelles nous tenterons de répondre, de développer et de détailler dans le but d’apporter des réponses claires sur la littérature palestinienne entre deux atmosphères : la première en Palestine qui est devenue Israël et le changement d’identité, comme c’est le cas de Habibi, et la deuxième en Irak où Jabra vit comme un palestinien réfugié qui essaie par tous les moyens de rester en contact avec sa patrie perdue.                                

La méthode suivie pour l’étude de ce sujet est «l’étude de cas». Nous avons fait ce choix, car chaque situation mérite d’être étudiée de manière particulière et précise. 

En effet, cette méthode demande une connaissance très précise et très détaillée d’une situation donnée.

L’étude de cas signifie de manière précise, selon la définition : « se diriger vers une méthode permettant d’accumuler des informations et des documents et de les analyser de façon à construire une image complète d’une unité précise dans ses relationsdiverses».

Par contre, selon d’autres penseurs, elle correspondrait à une analyse profonde d’une méthode ou plus d’un échantillon. Cela signifie d'arriver à englober de façon plus large l’étude d’un cas précis. Cette définition devrait satisfaire notre étude de façon directe.  

Nous pourrons utiliser de nombreux outils afin d’effectuer notre étude, mais nous allons nous baser sur les livres de chaque écrivain. De plus, par un travail sur terrain en se déplaçant en Irak et en Palestine afin de ramasser toutes les informations qui nousaideront  à exécuter notre travail de la meilleure façon.  De plus, des rencontres avec des personnes qui ont côtoyé ou ont connu Jabra et Habibi pendant leur parcours.   

Tout cela nous mène à devoir clarifier notre étude et à définir la méthode qui sera suivie. Selon nos premières lectures, il est possible de partager le travail en quatre parties. 

ÿ Première partie :

*    La création de l’état d’Israël :

 

La déclaration du 2 Novembre 1917 d’Arthur Balfour, le haut fonctionnaire britannique, qui a octroyé à ses amis sionistes le droit de créer leur État en Palestine. Cette décision a été le début du malheur palestinien, suivie par une aide massive aux Juifs afin d’immigrer en Palestine, ensuite par la  confiscation du foyer palestinien afin de devenir l’état d’Israël.

« Cher Lord Rothschild,

J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations juives et sionistes, déclaration soumise au Parlement et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.                                                                             Arthur James Balfour » 

La Grande Bretagne obtient en 1920 de la part des Nations-Unis un décret de protectorat en Palestine et restera jusqu’en 1948. Après son départ, les milices sionistes font un assaut rapide et gagnent la guerre contre les Arabes. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, un leader sioniste, proclame la création de l’état d’Israël qui par cette déclaration fait le malheur des palestiniens et le bonheur des Juifs sionistes. C’est ainsi que plus de 700 mille palestiniens fuient leur patrie en abandonnant leurs biens, leurs foyers, leurs souvenirs et leur passé. Environ 200 mille juifs sionistes les remplacent et font la fête sur les décombres des fuyants. Les gagnants célèbrent  la création de leur État sans crier gare au peuple qui vient d’être chassé de sa terre.

Malgré les menaces et les massacres, des milliers de palestiniens restent dans leur pays et refusent de partir, d’autres se dispersentdans les pays voisins : le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Irak et l’Égypte. 

Les pays arabes voisins créent  plusieurs identités aux palestiniens réfugiés après la Nakba de 1948: les Palestiniens à partir de cette date possèdent plusieurs doubles nationalités selon le pays où ils habitent : palestinienne-libanaise, palestinienne-syrienne, palestinienne-égyptienne, palestinienne-irakienne et palestinienne-jordanienne. Même les Palestiniens deviennent réfugiés sur leur propre sol (Gaza, Cisjordanie et Jérusalem-Est), ils portent un laissez-passer jordanien pour les réfugiés en Cisjordanie et égyptien pour les réfugiés à Gaza. 

Après la guerre de 1948, la bande de Gaza passe sous l’égide égyptienne, la Cisjordanie et Jérusalem-Est sous tutelle jordanienne. 

Bien que les palestiniens essaient de créer leur propre gouvernement, mais l’hostilité de certains régimes arabes, dont la Jordanie à la tête, en empêchant le gouvernement palestinien, présidé par Ahmad Hilmi, de  résider à Jérusalem-Est. D’ailleurs, ce gouvernement  s’effondre avec le temps à cause du manque de ressources et l’hostilité des nouveaux régimes arabes.                            Avec cette situation précaire et insupportable, les palestiniens cherchent leur âme. Certains choisissent de faire la guerre, d’autres émigrent clandestinement aux pays du Golf où le pétrole coule à flot depuis quelques décennies et d’autres préfèrent la voie de l’éducation.

Comme la plupart des pays arabes au Moyen-Orient, le peuple palestinien est constitué de deux communautés importantes : chrétiennes et musulmanes. Les chrétiens  sont fiers d’être les premiers convertis aux christianismes et les musulmans fiers de posséder la mosquée el-Aqsa le plus prestigieux lieu de culte après la Mecque et la mosquée de Médine. 

Les chrétiens trouvent rapidement un appui auprès des Libanais qui leurs accordent leur nationalité. Grâce à cette acquisition, ils peuvent lutter pour leurs compatriotes musulmans qui restent dans une situation précaire sans aide sauf de la part de l’organisation internationale  des Nations-Unis. 

*    L’émergence de la question palestinienne:   

 

L’émergence de la question palestinienne commence après la création de l’état d’Israël et l’implantation des camps de réfugiés un peu partout au Moyen-Orient. La question est accordée aux réfugiés palestiniens qui ont perdus leur patrie. C’est dans ce climat catastrophique que des palestiniens choisissent de se battre avec leur plume en vue de témoigner et d’expliquer au monde arabe la situation affreuse dans laquelle vit les réfugiés palestiniens.  

Deux palestiniens, Jabra Ibrahim Jabra et Émile Habibi, vivant dans  différentes atmosphères, racontent leur expérience. Ils choisissent d’utiliser leur plume afin de défendre la cause palestinienne et la souffrance de leur peuple. Ce sont deux intellectuels palestiniens descendant de deux familles chrétiennes sont nés en Palestine pendant le protectorat britannique. Le premier, Jabra Ibrahim Jabra a fui son pays pour s’installer en Irak et le deuxième est resté en Palestine et a décidé de se battre à l’aide de sa sublime plume.

ÿ Deuxième partie :

*    Jabra Ibrahim Jabra (1920 – 1994) :

 

Jabra Ibrahim Jabra est né en 1920 à Bethléem, en Palestine, qui était sous l’égide britannique. Descendant d’une famille chrétienne pauvre, son père travaillait dans la construction et sa mère était au foyer. Malgré la situation précaire de sa famille,  Il a étudié à Bethléem sa ville natale, puis à Jérusalem. Et, grâce à sa détermination, il a réussi à obtenir une bourse d’étude en Angleterre et aux États-Unis. 

En 1948, comme des milliers de palestiniens, il a fui avec sa famille son pays afin de se réfugier en Irak.

Jabra, un fervent amoureux de la littérature, travaille à Baghdâd, la capitale irakienne, comme professeur. En plus de son travail, il traduit de l’anglais à l’arabe plusieurs chefs d’œuvre, il écrit  de nombreux recueils de poèmes et publie maints romans.  

Il croise le célèbre poète irakien Badar Shaker el-Sayab avec qui a eu une belle relation.

Jabra commence sa carrière en écrivant en anglais, puis il renonce à l’anglais et à être un écrivain anglophone. Il entreprend alors une nouvelle aventure qui l’amènera à écrire plusieurs romans et plusieurs recueils de poèmes en arabe. 

Avec l’écrivain Abderrahmane Mounif, il écrit en 1982 un roman intitulé « Un  monde sans plans » dans lequel les deux grands écrivains créent un monde imaginaire qui ressemble à n’importe quelle ville arabe afin de raconter l’histoire d’une personne qui a étudié en occident et qui est retournée à son pays où il vit une histoire d’amour. Avec ce héros, se croisent plusieurs personnages et sa vie est pleine de paradoxes : l’amour, la politique et le malheur qui le touche suivi d’un crime non résolu. Dans ce roman, les deux écrivains utilisent un style bien compliqué plus proche de la poésie. Peut-être parce qu’il touche tous les intellectuels arabes qui vivent sous des régimes tyranniques. 

Dans son roman paru en 1978 « À la recherche de Walid Mass’aud », qui selon les critiques,  résume sa carrière comme écrivain, intellectuel et comme palestinien qui vit sans relâche avec son passé. Le héros de son roman Walid Mass’aud est un militant palestinien autour de qui se trouve des personnages qui lui sont liés chacun par une histoire différente. Le génie de ce roman, malgré la présence de plus de 12 personnages, est que le lecteur embarque avec l’écrivain dans son roman en étant persuadé que sans eux Walid le héros ne sera pas capable de créer son univers. C’est un roman qui ajoute à la littérature pas seulement palestinienne mais aussi arabe en général.       

Jabra concentre sa plume à défendre la cause palestinienne et à raconter dans plusieurs récits son histoire personnelle en Palestine et sa lutte pour étudier et gagner sa vie comme dans le récit « Le premier puits » dans lequel il raconte son enfance et sa lutte pour étudier et réussir dans ses études.

Les écrits de Jabra évoluent avec le temps. On remarque une grande différence depuis son premier roman « Hurlant dans une longue nuit » qui a paru en 1946, deux ans avant la Nakba, dans lequel il raconte l’histoire d’un journaliste et ses conflits avec la société où il vit, mais sans mentionner ni le temps, ni le lieu et en utilisant le « Je ». Dans les autres romans Jabra précise la place et le temps, c’est là la marque de la maturité d’un intellectuel réfugié.  Même son style simple devient plus compliqué en affichant ses convictions, ses sentiments et  ses émotions.

Jabra participe activement à la vie intellectuelle en Irak. En effet, il est un passionné de la civilisation arabe et reste fidèle à la cause palestinienne.  Il meurt exilé dans son pays adoptif l’Irak en 1994. 

ÿ Troisième partie :     

*    Émile Habibi (1921 - 1996):

 

Pendant que Jabra écrivait à Baghdâd des romans, des poèmes pour sa patrie natale, un autre homme palestinien aussi, journaliste et écrivain, écrivait ses romans en parlant de la cause palestinienne par des symboles et des jeux subtils de la langue dont chaque interprétation nous amène directement aux réfugiés palestiniens et aux luttes contre l’état Israélien. 

C’est Émile Habibi né à Haïfa en 1922, un an après la naissance de Jabra. Il grandit dans sa ville natale qui est sous protectorat  britannique, puis il démange à Nazareth, une autre ville palestinienne.

À l’âge de 14 ans, Habibi adhère au Parti communiste. Il croit en cette idéologie socialiste qui était bien présente parmi les Juifs de l’Europe de l’Est à cette époque. 

Il a étudié et a travaillé à Haïfa sa ville natale, puis en 1956, il déménage à Nazareth. Le changement de ville ne le pousse pas à changer d’idéologie, il reste fidèle à son parti politique.

En 1945 Habibi fonde La Ligue de Libération Nationale, un mouvement communiste palestinien, mais après la création de l’état d’Israël, Habibi associe son mouvement au parti communiste israélien. Et, en 1952,  il devient député à la Knesset jusqu’en 1972.  Par la suite, il décide de se concentrer sur la littérature et le journalisme. 

En quittant son poste comme député,  il devient le rédacteur en chef du journal el-Itihad, un quotidien de son parti communiste en arabe.  En 1991, il démissionne de son parti et un an après, il publie son livre « Vers un monde sans Cages » dans lequel il explique ses raisons pour lesquelles il a quitté son parti.

La démission de son parti le pousse à abandonner son poste comme rédacteur en chef du journal el-Itihad, le porte-parole du parti communiste. Il fonde alors sa propre revue Masha’réf.  En 1996, il décède et laisse un testament émouvant. Il demande qu’il soit écrit sur sa tombe : « je demeure à Haïfa ».  

Bien que Habibi soit un militant acharné pour le communisme, il a commencé sa vie comme animateur à la radio el-Quds en Palestine, puis journaliste pour l’hebdomadaire Méhmaze toujours en Palestine. 

Après la création de l’état d’Israël en 1948, la famille Habibi décide de rester au pays et de ne pas fuir la patrie comme tant de milliers de palestiniens.

Dans ce nouvel État, Habibi accepte de prendre la nationalité israélienne et de continuer sa vie sans se rendre compte, au premier temps, des grands changements qui ont frappés le pays. 

Il participe rapidement dans la nouvelle vie dans un État qui a remplacé son État d’origine, ce dernier a disparu de la carte, rayé définitivement de l’histoire. 

Après plusieurs livres, il rencontre le succès en 1968, où il publie un an après la Guerre des Six jours, son recueil « Hexagonales six jours » contenant six histoires qui parlent de l’invasion israélienne à Gaza, en Cisjordanie et la situation des palestiniens qui sont devenus israéliens. Mais, le virage incontournable dans sa vie comme un écrivain, c’est la publication, en 1974, de son roman « Les aventures extraordinaires de Sa'îd le peptimiste », qui a eu un succès international et a été traduit en plusieurs langues. Dans ce roman qui contient trois parties, Habibi raconte l’histoire d’un Palestinien s’appelant Sa’îd. Dans ce livre, il a inventé un nouveau mot introduit dans la langue arabe qui est « peptimiste », c'est-à-dire un mot qui associe les termes pessimisme et optimisme en même temps, et il accorde cet attribue à son héros Sa’îd le peptimiste. Ce personnage vit plusieurs aventures pas seulement avec les Israéliens, mais aussi avec les Palestiniens. Dans un style satirique, Habibi raconte les aventures de Sa’îd. 

Edouard Saïd dans son livre «La question Palestinienne»[1], décrit Habibi comme le seul écrivain palestinien qui a écrit dans ce style en se moquant de la colonisation israélienne.    

Habibi a continué à écrire, cependant, il n’a jamais parlé ouvertement de la résistance palestinienne, car cette dernière est considérée aux yeux du gouvernement israélien comme une organisation terroriste, c’est pourquoi il y faisait allusion sans mentionner directement la résistance palestinienne.

ÿ Quatrième partie :

 

Les deux écrivains vivent dans une atmosphère différente, Habibi vit en Palestine qui est devenue Israël, il a perdu son identité et a obtenu la nationalité israélienne, mais il ne s’est pas départi de sa langue maternelle bien qu’il parle l’hébreu qui est la langue officielle du nouvel État.                                               

 Dans ce climat, Habibi lutte sous la bannière du parti communiste et entre à la Knesset. Et, pendant vingt ans (1952-1972) il essaie de défendre son peuple et ses origines et sauve en même temps la mémoire de son peuple. Après deux décennies de lutte, il jette l’éponge et se concentre sur sa plume et rapidement il devient un écrivain incontournable de la littérature palestinienne, mais resteaussi une figure politique.

Son style satirique a suscité beaucoup de bruit, et son chef d’œuvre «Les aventures extraordinaires de Sa'îd le peptimiste » est considéré comme un virage radical dans la littérature palestinienne. Ce style donne à Habibi une vaste marge afin de critiquer la politique Israélienne et défendre les droits des palestiniens en même temps sans toutefois provoquer d’hostilité auprès de la police israélienne.

Habibi continue à écrire et à publier ses livres et ses articles dans le journal de son parti politique el-Itihad jusqu’au jour où tout allait changer avec la chute de l’Union soviétique et sa disparition en 1991. C’est alors que Habibi prend la décision de quitter son parti et son poste comme rédacteur en chef. En parallèle, il écrit son livre « Vers un monde sans Cages » où il explique les raisons de son choix de ne plus adhérer à la mouvance communiste.

Hibibi devient une icône pour les israéliens et les palestiniens. Il reçoit en1990 la médaille d’el Quds de la part de l’Organisation de Libération de la Palestine (O.L.P). Deux ans après, il reçoit le prix prestigieux de la littérature israélienne.        

Tandis que Habibi lutte à sa manière pour la cause palestinienne en Israël, Jabra Ibrahim Jabra essaie de préserver  son identité en Irak où il se réfugie après la création d’Israël en 1948. D’ailleurs, il trouve que la littérature peut aider les palestiniens à défendre leur patrie et empêcher la mémoire de son peuple de disparaitre. C’est pourquoi,  il écrit, traduit et critique. Tous ses ouvrages littéraires coulent dans un seul but : rester attaché à son pays natal et expliquer à la nouvelle génération palestinienne et arabe la souffrance du peuple palestinien malgré la distance qui les sépare de la Palestine, cette dernière reste dans le cœur de tous les palestiniens qui rêvent de retourner un jour dans leur pays.

Son roman « À la recherche de Walid Mass’aud »  démontre la force de son style à la fois compliqué et fascinant en créant autour de Walid Mass’aud, le héros de son roman, une aura passionnante. C’est l’histoire d’un palestinien qui ressemble aux autres palestiniens qui préservent, leur amour et leur nostalgie de leur patrie et lutte avec acharnement afin de retourner à leur pays. Et, par ses traductions de nombreux ouvrages de l’anglais à arabe, Jabra montre sa passion de la littérature mondiale et son amourpour toutes les civilisations. Au côté de sa plume prolifique, il était doué pour le dessin, il a même illustré ses livres de certains souvenirs vécus en Palestine. De plus, il a publié quelques recueils de poèmes, mais sans doute ses romans ajoutent à la littérature arabe et palestinienne une expérience particulière. 

Cependant, Jabra n’a pas eu la reconnaissance de l’Autorité palestinienne, peut-être à cause de son refuge en Irak qui a vécu plusieurs guerres et a provoqué l’hostilité pas seulement de la part de certains régimes arabes, mais aussi des grandes nations du monde. De plus, sa décision de ne pas se mêler de la politique irakienne, a fait qu’il est resté loin des bonnes grâces  du régime Baathiste et de son leader Saddam Hussein.

Malgré tout, Jabra a conservé une personnalité particulière qui a défendu la cause palestinienne à sa manière sans causer de vagues autour de lui.

ÿ Conclusion

 

Jabra et Habibi sont deux écrivains palestiniens qui n’ont pas toujours reçus l’attention, les éloges et la reconnaissance qu’ils méritaient. Bien que les deux possèdent des idées différentes, Habibi prêche la cohabitation avec les israéliens et le partage de la terre sainte, tandis que Jabra vit dans la nostalgie et prêche le retour des réfugiés et la libération de la Palestine. 

Ces deux écrivains ayant vécu dans des atmosphères différentes et des expériences très  distinctes méritent cependant une étude approfondie qui montre leur engagement, leur fidélité et leur dévouement à leur cause sans bruit et sans attentes de reconnaissance. 

Ainsi, la comparaison entre ces deux écrivains qui ont vécu dans des climats différents permet de montrer à quel point les palestiniens cherchent par tous les moyens de rester attachés à leur pays pas seulement par le fusil sur leur épaule, mais aussi par la voie de la littérature.          



-        [1] La question de Palestine / Edward W. Said. France, Arles : Sindbad : Actes Sud, 2010.